Réveillon de Noël 2004 (2)
Tout le monde dort, dans la maison, tout le monde sauf moi. En douce, je suis descendue écrire ces quelques mots à partir de l′ordinateur de mon père. Il n′aura fallu qu′un simple réveillon pour que je me sente à nouveau petite fille. Je l′avoue : j′étais bien, ce soir, gaie, sans questions et sans fard. Comme si quelqu′un avait déconnecté le mode "adulte" en moi à l′aide d′une mystérieuse commande secrète (un peu comme "le déclic", de Manara, mais en sens inverse). Pendant quelques heures, je ne pensais plus à rien d′autre qu′à la fête en famille. Je sais, ça fait cliché mais c′est comme ça. Papa, complètement cuit, ne m′a fait aucun reproche d′aucune sorte – il était même aimable ; et maman, bien sûr, était totalement immergée dans la magie de sa croyance. C′est un peu son jour, Noël. Si elle pouvait être gentille sans obéir à ses sacro saints principes de charité et tout le reste. J′ai parfois l′impression qu′elle considère comme un DEVOIR de se montrer gentille.
Bref, j′ai bien tout mangé sans cracher, sans me tortiller sur ma chaise et sans dire de gros mots. SCOOP : la fille du diable est en réalité un ange ! Sonnez trompettes !!!
J′attendrai demain pour me masturber, c′est plus "convenable".
Et zut ! Quand même :
Je ne peux m′empêcher de me demander pourquoi il faudrait être "double" dans la vie, pourquoi il faudrait scinder les choses, taire la fonction naturelle qu′est le sexe. On doit pouvoir se satisfaire tant qu′on veut, de toutes les façons possibles, et vivre dans une fière innocence. Pourquoi tout le monde veut-il assombrir "ça" ! Certains diront qu′il s′agit d′un conditionnement socio-religieux. Pourquoi est-ce obligatoire de se marier, de se donner toute à un seul homme, lui appartenir, alors que tout le monde sait pertinemment que cette fidélité totale est un voeux pieux dans, disons, 95 % des cas ? (en réunissant les infidélités avérées et les intentions d′infidélité, celles que nous taisons soigneusement jusqu′à la fin de nos jours). Je crois sincèrement que les femmes sont faites pour aimer leurs enfants toute leur vie mais pas pour aimer un seul homme !)
Quant à nos chers mâles…
Cet avis n′engage que moi, la dévergondée, bien entendu.
Et voilà ! La fête est terminée ; je m′installe derrière un clavier et mon naturel revient au quadruple galop.
Je profite de ces derniers moments de calme et de solitude pour souhaiter du bonheur, plein de bonheur à ceux et celles qui me lisent. Merci d′être là, merci de m′envoyer de si gentils petits mots (jusqu′à présent, je n′en ai pas encore reçu "plein la tronche" comme je l′imaginais, mais ça viendra, pour sûr, quand je me vautrerai dans l′orgie inavouable puis que je vous le raconterai avec délice /une façon comme une autre, pour moi, de profiter deux fois des événements).
Je vous embrasse tous très tendrement.
Ju.
—–