Délires du samedi soir

Dans le tonnerre des décibels, il l’a prise et ses coups de queue se sont divinement mariés aux basses de la musique; cette musique que son corps absorbe par chaque centimètre de peau. Autour d’eux, les autres gesticulent sur les rythmes sauvages, indifférents à leur copulation. 

Dansez, zombies, dansez !

Elle pose doucement sa joue sur le skaï de la banquette, heureuse.

Elle se sait papillon éphémère,  tant pis.

No future, no way… juste profiter au maximum de mère-musique.

Sa vulve gourmande accroche la barre de chair. La corolle de ses grandes lèvres, huilées de sa liqueur, s’ouvre à chaque coup de boutoir naissant pour mieux se refermer lorsque le coulissement s’achève au plus profond d′elle.

Oh !  Retenir, désespérément, l′intrus tant désiré - qui se retire, cruel, la queue maculée de vagues traînées confidentielles,

Qui revient. 

Assaut.

Le temps se décroche d’elle, s’allonge puis se comprime au gré du mouvement intime pour la propulser dans l’avenir lointain de l’orgasme promis par sa mémoire en stand by.

Les doigts vigoureux accrochés à son bassin dressé, offert.

De sa bouche entrouverte, la bave s’écoule, noyant sa joue posée,

qui glisse.

Ses yeux aussi exsudent son bonheur, en larmes de diamant.

C’est si bon de vivre !

Est-ce encore la même queue qui la visite ?

Bah! Peu importe : elles se ressemblent tant de toute façon. Les dieux gigantesques lui sourient; elle est éternelle.

Et puis voilà que, dans son estomac, cette saleté de petite pilule d’extase refuse de se marier à l’alcool.

Salope !

Elle vomit sur le skaï, doucement.

Un sexe nouveau, trop gros, brutal, la visite, l′écorche cruellement, refusant d’arrêter le va-et-vient obsédant.  Déchirant. 

Des rires affreux émiettent son bonheur.

Elle vomit encore, plus fort, plus mal.

Des exclamations de dégoût remplacent les rires et sa vulve se retrouve brusquement vide. Le feu d’artifice se termine lamentablement pour laisser place au gris désespéré d’un maintenant - soudain présent, intolérable…

L’ami amoureux-malheureux la reconduit à sa tanière, loin, dans une cité triste, en ruine, sans espoir.

Derrière la porte, un père de faïence pourpre, défiguré par la rage l’attend :

- "Fini tout ça, ma fille ! Quand on n’a que 15 ans, on ne passe pas la nuit dehors !"

Elle s’en fout. Samedi prochain l’attend déjà, l’assurant que ça sera mieux, que sa chair s’évaporera encore mieux, pour ne devenir que plaisir pur.

Peu importe le monde, la boue, la haine, l’hivers, le froid !

Samedi prochain, monsieur pilule l’attendra à l’entrée du dancing, ami hebdomadaire à la voix textile, confidentielle :

- "Tu veux du bonheur concentré, ma belle ? Pas cher ! Et si t’as pas de fric, mes vieux amis te l’offrent. Des vrais amis, hein ! Alors ? Une, deux, trois ? "

Elle est sublimement belle : elle en prendra trois, pour toute une nuit avec les dieux !

26 réactions à “ Délires du samedi soir”

  1. madrilene dit :

    CONTENT:
    j′préfere la salle de sport sans dopage …la sueur contre le suaire !

  2. Gilberte dit :

    CONTENT:
    Thanatos est plus rosse qu′Eros !(musique d′ambiance « la vie en rosse »)

  3. Cunigonde dit :

    CONTENT:
    C′est ce qui s′appelle manger la vie à pleines dents !(après on se demande d′où vient la fantasme masculin des vagins dentés ;-) ceci dit tout ce qui rentre par un bout doit logiquement ressortir par l′autre :

  4. Anonyme dit :

    CONTENT:
    bleu ou rouge la pilule ? non je dit ça comme ça

  5. Anonyme dit :

    CONTENT:
    C′est glauque, mais très beau.Sincèrement.

  6. Luglio dit :

    CONTENT:
    Je lis tes notes depuis très longtemps Julie et celle-ci ne me donne pas vraiment la patate…mais c′est vrai la vie n′est pas toute rose

  7. ralphy dit :

    CONTENT:
    Tu as décidé de te lancer dans une campagne anti-drogue ?..

  8. solitaire dit :

    CONTENT:
    Oh!! ma petite Julie c′est triste, y a pas vraiment d′amour, (le sentiment j′entend)

  9. Ian dit :

    CONTENT:
    « fiction glauque »…glauque oui, mais malheureusement pas fiction pour tout le monde…

  10. Peanuts dit :

    CONTENT:
    Je me demande parfois où la sage Julie va chercher l′expérience de ses récits…Très glauque en effet… ça fait un peu peur tout ça… sexe, drogue… trop jeune 15 ans pour foutre sa vie en l′air.

  11. Melie dit :

    CONTENT:
    J′aime bien.Peut-être parce que ça me rappelle ce qui se passait à deux pas de chez moi quand j′étais gosse.Ou peut-être parce que ce n′est pas consensuel.

  12. madi dit :

    CONTENT:
    pourtant par certains côtés, c′est assez « con » et assez sensuel ?(y se passait ca dans le 93 ?)

  13. Melie dit :

    CONTENT:
    Ben peut-être pas la même scène hein…Mais en tout cas je pense directement à la cité que j′ai largement cotoyée durant jeunesse et adolescence.

  14. Anonyme dit :

    CONTENT:
    On viole aussi avec ce genre de pillules non?

  15. Melie dit :

    CONTENT:
    Oui, le GHB, la « drogue du violeur »…

  16. Anonyme dit :

    CONTENT:
    Loin de moi l′idée de jouer à la donneuse de leçons. Mes textes, en général, sont rédigés dans la bonne humeur parce que, sans doute, je suis privilégiée par la vie.Mais !L′étiquette est parfois un peu pesante. On clique peut-être « LaJulie » avec le coeur en paix, avec la quasi-certitude de lire un peu de vie pétillante de cette petite foldingue rousse sans avoir besoin de trop se remettre en question – et c′est assez normal : je fais tout pour ça.Cependant, je (nous) vis dans un monde qui n′est pas un conte de fée avec princesses, amours et p′tits lutins simplets.Il y a et il y aura toujours une Julie noire et une Julie rousse. Parfois, la noire écrase la tronche de la rousse.Si vous saviez ce que j′ai dans mes carnets de textes…

  17. ralphy dit :

    CONTENT:
    Ca y est, j′ai compris. La nuit porte conseil, dit-on. Une soirée l′Episode II, la Guerre des Clones, en film et en dessin animé sur le même thème (diffusés hier soir sur M6) n′y sont sans doute pas étrangers…Tout comme Anakim, Julie veut croire, mais Julie doute. Le côté brun de la force est séduisant, mais pas plus fort que le côté roux ! Julie est promise à un bel avenir, douée, elle observe beaucoup et apprend vite. Désormais, elle est capable de faire ses propres choix. Peut-être que le côté roux a aussi ses teintes sombres, mais… Julie, reste avec nous !Julie, ne te teints pas les cheveux en brun ! 

  18. mad dit :

    CONTENT:
    Dark Vador, j′adore !;-)

  19. mad dit :

    CONTENT:
    Vad(i)or plutôt d′ailleurs …

  20. Anonyme dit :

    CONTENT:
    un tit peu noir qd meme …. pfffff

  21. Anonyme dit :

    CONTENT:
    Ralphy : surveille d′abord ton aurthaugraff avant de te f… de moi !Attends de voir tes coms, toi !

  22. madrilene dit :

    CONTENT:
    le cantique des cantiques fais dire à le reine de sabba: »je suis noire et je suis belle »sedmaxima proboque sed deteriora sequor

  23. madrilenae dit :

    CONTENT:
    me suis gourrée dans la citation lat(r)ine,c′est meliora proboque et non maxima proboqueque le grand Crick me croque !

  24. Carnelov dit :

    CONTENT:
    … me fait penser à pas mal de choses pas joyeuses.Texte bien écrit, très beau. Très. Trop. Réaliste.Amicalement,Carnelov

  25. Joaquim dit :

    CONTENT:
    Bravo, tu utilise d′une tres belle maniere la langue (oui je sais ca peut preter a un jeu de mots)francaise belle plume, joli ton, bravo…

  26. lora dit :

    je viens de lire ton commentaire du……..17 mai !!!!!! (je suis un peu en retard la). Tout le monde a un ennemi en sois (un peu inspiré d’A.N), c’est normal, bien que peu de gens le reconnaisse vraiment. Tout le monde a une part d’ombre en soi. Ce que je viens d’ecrire me fais un peu penser à la « presentation » de Jul’s. Ombre et lumiere, toujours en opposition, mais sans l’une, l’autre serait bien terne. Le plus dur est de reussir à controler notre ombre. Tu dis que parfois la noire ecrase la tronche de la rousse et bien moi c’est pareil, parfois le regard noir masque le bleu. L’important est de savoir que ton roux et mon bleu ne sont pas loin derriere cette teinte commune qu’est le noir. Sinon que dire…. j’adore votre blog mais ca que l’ai sans doute deja dis. En quelques semaines me voila devenue une accro. Aujourd’hui je suis allée faire les magasins de fringues et j’ai vu une rousse, et bien tout de suite j’ai pensé à Julie la rousse ! Quant à la vendeuse c’etait l’illustration parfaite que je me fais de Marina.
    Enfin tout ca pour dire que vous etes obsedantes à la fin. Pourquoi ??? ca j’en sais rien, le mystere peut etre…. au fait, je me posais une question par rapport à l’un de tes article qui parle des enjeux de ta celebrité : Comment ces gens ont pu te reconnaitre ??? il n’y a quand meme pas une seule rousse sur terre à s’appeller Julie ! (la preuve y a ma soeur). Je vais m’arreter la parce que je viens de remarquer que mon commentaire est d’une longueur plutot impressionnante.