Douleur…
« Alors ma petite chérie, te voilà de retour ? Je te manquais tant que ça ? »
Un sourire.
« Toi, tu m’as manquée ! Ta peau, tes formes ! Elles sont gravées au fer rouge dans ma mémoire ! »
Elle hausse les épaules, et enlève son blouson. Pourquoi avoir, cette fois encore, poussé la porte ? Elle n’en sait rien. Juste une pulsion.
Il retient son souffle pendant qu’elle enlève son débardeur.
Rien en dessous, comme à chaque fois.
Elle tourne le dos, lui présentant ainsi son œuvre. Durant un instant, il cesse d’être fasciné par les courbes qui se présentent à lui - sans la moindre pudeur, pour se fixer sur le détail.
Son œuvre !
Un petit bijou de stries entrelacées, tout en finesse et en douleur, dans sa chair. Cette douleur, qu’elle supporte, qui lui rappelle sa condition d’être vivant. Chaque étape de sa vie se trouve inscrite dans son dos, sous la forme d’une volute ou d’un cercle.
Dessin complexe n’ayant pas de plan prédéfini. Juste une seule grande idée directrice : la vie n’est que douleur.
Il n’y a que lui pour la comprendre, lui pour faire frissonner sa peau d’une caresse pendant qu’elle s’enflamme.
La fièvre suit toujours la douleur. C’est par elle qu’ils communiquent. Une fièvre créatrice pour lui ; un océan de douleur pour elle.
Elle s’asseoit à cheval sur une chaise. Il la contourne afin de se retrouver face à elle : « Alors ? »
Butée, jusque dans ce regard qu’elle plante dans le sien.
Il soupire : « Que s’est-il passé ? »
Elle détourne les yeux pour répondre : « Je veux que tu continues, que tu ailles jusqu’au bout. Termine-le ! »
Incompréhension : «Tu en est sûre ? »
Le regard lui donne la réponse.
Elle n’a pas voulu de liens, cette fois-ci.
Lui, même s’il sait ce que signifié l’achèvement, continue de parler comme avant. Ces paroles ne sont pas pour elle, non ! Elles ne sont destinées qu’à la postérité. Comme à chaque fois elle s’efface et devient support muet.
Muet mais vivant et irradiant la douleur.
« La seule femme qui pleure de douleur entre mes mains. Quand ses poings se crispent, lorsque son dos se creuse, c’est qu’elle n’est plus en état de parler. Elle ne hurlerait que sa douleur infinie, indivisible au reste du monde. Quand l’aiguille fait son chemin, la couleur se mêle au sang et la peau prend une teinte rouge translucide, alors la création s’éveille. »
Sous ses doigts fins, la torture voulue recommence.
La fin de l’œuvre signifie la mort. Celle du support, de cette créature qui prend vie. Personne de peut voir la douleur mais on peut l’exprimer de mille manières. Elle a décidé de la représenter, et chaque coup d’aiguille, chaque retour dans sa peau est le symbole de cette douleur.
Quand il a enfin terminé, la sueur coule sur les tempes. Et le dessin gigantesque, monstrueux prend toute la surface disponible, étalant ses tourbillons, s’allongeant paresseusement sur un bras pour ensuite se replier brutalement et se recroqueviller en une boule de colère.
La mort est la fin de la douleur et la sienne commença dans la douleur.
Ne t′en fais pas ma fille, c′est splendide
Lorsqu′on est nerveuse, c′est qu′on donne une part de soi… et c′est ça, écrire ! Excellent, ma chérie. Si tu continues (ce que j′espère de tout coeur) les textes de cette rubrique dans la même veine (et qualité), conserve-les bien, surtout ! J′me sens toute fière pour toi ! Je t′embrasse encore plus tendrement que d′hab′ Ju
J′suis tellement émue que j′en oublie : deux chocotofs ! JU
Grumph ! Je voulais faire apparaître ta note en : « nouvelle contribution de… » sur mon blog mais ça marche pas ! Je râle ! Ju