Drôles d’envies

Trouvé aujourd′hui, au hasard de mes lectures, les trucculents poèmes de Cilick, une poétesse pour le moins volcanique. La violence de ses désirs me ravit.

Ces mots me font penser à une autre femme qui me plaît par bien des points.  J′aime ce qu′elle est, sans détours et sans chichis.  Je ne lui parlerai sans doute jamais ; je ne boirai point sa liqueur ni ne lui offrirai la mienne dans la réalité mais le coeur y est, vorace, cannibale.  Comme elle.

Non !

Non !  On déchire ma robe,

Arrache mon slip nylon,

Acculé contre un mur blond,

Mon sexe en vain se dérobe.

 

Enorme, une verge enfonce,

Loin, au fin fond du vagin,

Ma gorge roucoule et geint :

L′émail du plaisir s′annonce.

 

Qui me fait l′amour ?  O j′aime !

Oui, encor ; c′est bon, si bon !

Mon corps tète à gros suçons,

Goulu, la moelle suprême.

 

Et cet autre, pour le moins gaillard :

 Quatre amants.

 

Il me faut quatre amants : deux pour sucer mes seins,

Le troisième à ma bouche, et l′autre qui copule.

Tout ça, pas sur un lit, mais sur un tronc de pin

Couché, dans la forêt lorsque la chouette hulule.

 

Au feu de leurs huit mains, huit mains, quarante doigts,

J′embraserai mon corps jusqu′à oublier l′âme

Qui me tue à rêver de l′impossible roi

Ceint d′une éternité où l′amour-Dieu se pâme.

 

De leur gros pénis rouge, engorgés de marmots,

Ils blesseront chacun la fourche de mes cuisses.

Le moule de mon corps : dur cercueil, doux berceau,

En pointillé suivra le chemin de l′abside.

 

Des quatre beaux amants, nul ne saura lequel

Aura coordonné, du fruit de sa semence

Le foetus qui frétille et dévore, cruel,

Ma jeunesse et mon sang avec tant de démence.

 

Le foetus en moins, l′idée serait absolument parfaite !

Quatre est un bon nombre.

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