Du chiffre pour des lettres
Petit déplacement dans la capitale pour assister à une causerie littéraire. Un écrivain connu venait parler de lui – lui avant son oeuvre.
Je ne le citerai pas vu que je me suis emm… comme pas deux.
L’homme m’a déçue.
Sous les apparences doucereuses, j’ai vu une machine à réussir, un forcené de l’exemplaire vendu (en duo avec sa femme qui régente la partie commerciale avec une férocité inouïe, tout à fait aux antipodes de l’image artistico-réfléchie du… produit !).
Dans l’auditoire, on pouvait parfaitement distinguer l’inconditionnel (le), doté d’une bouche en perpétuelle béance qui lui permet de mieux absorber la suffisance tragi-comique distillée par le maître.
Le lavage de cerveau médiatique fonctionne bien, parfaitement bien ! Il ne forme plus que des GL (gentils lecteurs) ; des gens bien comme il faut, avides de cette culture poudre aux yeux qui semble devenir la Règle unique d’un jeu inventé par quelques grossistes en marmelade – à destination de grandes surfaces uniquement ; les petites épiceries fines ne les intéressant plus depuis longtemps.
Hélas, la poudre aux yeux, pourtant abondante, était vraiment de piètre qualité.
À l’heure actuelle, plus personne ne semble écrire pour le plaisir des mots.
En haut de la page blanche, il faut d’abord réserver une place à la balance comptable – ce qui réduit considérablement l’espace réservé à la création.
Lorsqu’il en reste.
Cet homme-là, au moins, était un véritable écrivain !
Que faut-il penser de toutes ces « stars » d’un jour, de ces présentateurs people et autres nullités qui engagent de bons « nègres » pour donner un semblant de formes à leur platitude existentielle ?
Ils n’ont rien à dire (ou si peu) ? Qu’importe, autant l’écrire : ça se vendra bien étant donné qu’ils squattent les médias !
De quoi alimenter les angoisses de l′honnête auteur qui se voit soudain propulsé au top des ventes, en tête de rayon, coincé entre les mémoires du dernier éjecté de la « starac » et les soupirs nostalgiques de la vieille people qui n’en finit plus de patauger dans « la ferme célébrités » !
L’alphabet devient obsolète dans notre (beau ?) monde : il suffit maintenant de savoir se servir d’une calculette.
Pour signer le contrat, une simple croix suffira.
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je sous crie!
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Juste pour te dire que meme de Papeete on te lis!! Grosses bises d′une tahitienne – aimata
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je viens de lire ton blog d′une traite, j′ai eu l′impression de lire un roman… j′adore ton style, j′ai souris, beaucoup même… belle découverte en ce dimanche un peu maussade, merci à toi et bonne continuation!bizzz
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JF (k ?) > Ma saucisse, off gousse ! (houla, faut chercher !)Aimata > Merci de me le dire ! C′est toujours un VERITABLE bonheur, pour moi, d′obtenir une réaction concrète, écrite, de mes lecteurs et lectrices vivant à l′autre bout du monde. Lorsque je regarde mes stats et que je vois tous ces noms de pays qui me font rêver, j′ai des envies de dialogues, des trémolos de curiosité et une frustration certaine face au silence. Tu viens d′illuminer mon dimanche ! S′il m′arrivait (ô rêve) d′aller me faire bronzer par chez toi, ça serait merveilleux de te rencontrer !Gaelle > Les coms′ tels que les tiens sont mon seul « salaire ».Je ne sais pourquoi, nombreux (ses) sont ceux et celles qui préfèrent me le dire en aparté, via mails. Distraire et amuser sont mes objectifs premiers. Encore du plaisir pour moi ! Décidément, c′est un bon dimanche !
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Il n′est point mauvais, de temps à autres, de rationaliser son savoir-faire et de s′adapter au marché. Il est plus prudent d′écrire pour les autres — de préférence en masse — que pour le faire pour le plaisir, lorsqu′écrire consiste — entre autres — à manger.Etant moi-même dans une industrie se voulant un tant soit peu artistique — le jeu vidéo — je connais très bien le processus « créatif » de la plupart des produits. A un moment ou à un autre (et le plus tôt sera le mieux), le « produit » est soumis à une réunion marketing où les responsables des ventes de chaque pays se réunissent, et passent commande, ou un moins estiment les ventes qu′ils peuvent faire avec le produit, alors que celui-ci a à peine dépassé la phase du titre (et encore, encore à l′état d′ébauche, ce sera là encore au marketing de décider, quelques mois, voire quelques semaines avant la disponibilité en rayons), on décide de la vie ou de la mort d′un titre à venir. 300.000 exemplaires sur l′Europe ? Trop peu. Rejeté. Suivant ?