Du sang à la une

Scène 1 – intérieur maison – nuit américaine.  Travelling.

Méticuleux, il commence par se déshabiller complètement. Ensuite, il se rend dans la cuisine ; sa main, gainée d’un gant de chirurgien, saisit le manche du couteau à désosser. Il ne fait pas plus de bruit qu’une ombre lorsqu’il se déplace. La tension - malsaine - s’empare peu à peu de lui, son coeur bat plus vite, sa respiration s’accélère ; son sexe grossit déjà.

L’appartement est plongé dans la pénombre, à l’exception de ce rai de lumière sous la porte, au loin du corridor distendu : la chambre du fond.

Il savoure chacun des pas qui le rapproche de son but. Le parquet glacé craque discrètement sous ses pieds nus ; son coeur s’emballe… "baboum… baboum…" – un peu de sueur sous le passe montagne – son sexe qui ballote, presque dur, entre ses cuisses.

Lentement, très lentement, il ouvre la porte, la contemple, s’approche.

Elle dort, nue, de côté.

Son corps superbe, le grain de sa peau à la lumière de la lampe de chevet, le livre ouvert sous sa main, sa respiration régulière : tout est en place.

Des yeux, il cherche l’endroit où le couteau va pénétrer, couper, sectionner. Elle hurlera et il aimera l’entendre, il aimera l’odeur si particulière, forte, de l’effroi. Peut-être, perdant tout contrôle, pissera t-elle ?

Maintenant, il bande dur.

Elle tressaille, se tourne vers lui, les yeux arrondis, bouche ouverte :

- AAAH ! Julie ! Idiote ! La trouille que tu m’as fait !

Puis Marina réalise, détaille ma tenue, pouffe de rire :

- Mais qu’est-ce que tu fous ainsi ? Non mais, tu t’es vue, toute nue avec cette écharpe autour du visage, la ceinture-gode et… c’est quoi c’truc ? Qu’est-ce que tu fais avec cette spatule en bois ?

Je feule :

- Je suis le dépeceur de la pleine lune ! Je ne peux bander qu’en découpant mes pauvres victimes !

Elle me tend les bras :

- Ca te vaut rien, cet engin entre les jambes, on va aller le rendre à monsieur sex shop !

- Trop tard, il a servi !

Je l’embrasse à petits coups avant de la "poignarder". Elle meurt puis regarde l’heure au réveil de la table de nuit :

- dis donc ! J’ai dormi plus de deux heures ! On est bien dans le lit de Claude. T’avais raison : il est gentil !

- Parce qu’il nous refile son appart pendant qu’il bosse ?

- Non, je le trouve sympa, et c’est vrai qu’il est bôôô mec !

- Salope ! J’ai bien fait de t’égorger ! … Le tueur embrasse la bouche pleine de sang. Son sperme gicle !

- Arrêêête ! Tu me chatouilles !

Pourtant, j’étais une fille presque bien avant de porter cet olisbos maudit mais maintenant…

Appelez-moi "miss Jackie, the sticker"

5 réactions à “ Du sang à la une”

  1. Anonyme dit :

    CONTENT:
    Pendant que le chat travaille les souris dansent! C′est rosse quand même pour ce pauvre Claude, soit sans doute très complaisant… Or la Julie peut vraiment plaire, la preuve en est! Toujours ce je ne sais quoi de provoc humouristique plein de tendresse qui nous fait l′aimer même quand elle exagère!

  2. Nain Dien dit :

    CONTENT:
    Il en a, des belles fréquentations, le Claude !

  3. Anonyme dit :

    CONTENT:
    lol ! Me demande quand même quel effet ça fait de porter un gode-ceinture, ce qu′on ressent en ayant un atribut artificiel de mec. Mystère pr moi ! Bisous

  4. Jer dit :

    CONTENT:
    Si la victime ressemble à là jeunne femme au croquis, on comprend mieux l′appetit du tueur…. Il y a tout ce qu′il faut, la lumière naissante du matin, les promesses d′un roman haletant, la langueur assortie de sensualité. Mais qui est l′auteur de ce portrait à croquer ?

  5. Anonyme dit :

    CONTENT:
    excellent, merci! manque plus qu′une photo de l′accessoire en question.