Incompréhension.
Penchée au dessus du lavabo, la jeune fille se regardait dans la glace accrochée au mur.
Un visage pâle - trop pâle, des yeux bruns soulignés de grands cernes noirs.
Nul sourire n’égayait plus, depuis longtemps, cette figure trop maigre.
Ses cheveux mi-long s’égaraient en mèches folles dans ses yeux. Dans la maison aucun bruit ; tandis que, à l’extérieur, éclataient les rires, les cris d’enfants qui s’interpellent.
Puis, brisant le silence comme une toile d’araignée arrachée par la ménagère pressée, une voix résonna dans la maison. L’adolescente se releva un peu en entendant son prénom mais décida de ne pas répondre à l’appel impératif de sa sœur aînée.
Elle se replongea dans la contemplation de son visage trop blême.
Sa vision se brouillait.
Elle porta une main ensanglantée à ses yeux, laissant deux marques rouges sur ses paupières. Ses jambes affaiblies commencèrent à plier, elle se rattrapa au rebord du lavabo et se stabilisa.
Pour un temps, encore.
Il lui suffisait d’ouvrir la bouche et d’appeler . Elle avait déjà essayé mais personne n’avait répondu à son cri muet.
Même ces adultes qui prétendent connaître les ados.
Alors, elle ferma les yeux avant de tomber sur le carrelage froid, dans bruit sourd. Ce son, elle l’entendit dans un écho, lointain, déjà.
Ses yeux papillonnèrent avant de se fermer.
Définitivement.
Un mince sourire étira ses lèvres devenues bleues. Le bourdonnement dans sa tête augmenta tandis que la vie quittait son corps ; tandis que son sang s’écoulait des fines entailles à ses poignets.
Le liquide vital forma une flaque autour d’elle, souillant ses vêtements et le tapis.
Dehors la réunion de famille battait son plein.
Pas gai mais realiste!