La colère des amazones – deuxième partie.

Pour ceux qui prendraient le train en route sans savoir de quoi il s′agit (et que cela intéresse), la première partie se trouve ci-dessous.

- Un co…gnac cécémel ! ? Bon, si tu veux !

- Oui je veux !!

Il revient avec ma boisson des grands jours, ceux où je veux absolument laisser mes casseroles maudites enfermées dans un grand coffre verrouillé à double tour – et là, j’m′en traîne une fameuse.

J′avale le liquide crémeux, d’un trait.

Ils me regardent sans piper un mot, étonnés.

Je regarde le verre, mécontente d′en voir le fond ; trépigne sur mon siège :

- envie de danser ! Claude, cherche quelque chose qui bouge, steuplé !

- ce n’est pas un dancing… heu, Julie… ça va ?

En lui tendant mon verre vide :

- mais bien sûr que ça va ! Ça va même trèèèèès bien ! Sauf que j’voudrais bien un autre ! Soif !

- Alors prends une eau !

- tu me casses un peu les pieds, rabat-j… Oh, Footloose, justement ! J’vais danser !

Une demi-heure et deux cognacs cécémel plus tard, je suis dans une forme d’enfer. Même machin me paraît soudain sympathique. Je voudrais parler avec lui mais il revient sans arrêt sur ses fantasmes sado-masos, ses aventures trouduculières dans son "cleuub" et toutes les femmes qu’il voudrait encore baisouiller - avec allusions subtiles aux rousses, ces mârveilleûûûzz femmes de tempérament !

Comme il dit.

Un beau gosse, enhardi par mes gesticulations musicales précédentes, vient me chercher pour un boogie, puis un slow. D’autres couples commencent aussi à danser.

Claude oscille entre fulmination et fou-rire. Je le sais, je le connais m′sieur mon zob - zhomme - pardon. Il se décide enfin à m’extraire des bras accueillants du "bôgoss" pour m’entraîner dans un coin :

- (pincé) C’est quoi ce cirque, Julie ?

- pfff ! Je veux faire l’amour, tu veux pas ; je veux boire un p′tit coup, tu veux pas ; je veux danser, tu veux pas…

- Ta bouche rit mais pas tes yeux ! Problèmes ?

- Prout !

Je retourne danser.

Avec "bôgoss", pour le faire bisquer.

Pour le coup, ce dernier se fait protecteur :

- tu as des problèmes avec le patron ? Tu veux que j’aille lui parler ?

Mais qu′est-ce qu′ils ont aujourd′hui !!

Je me dégage, la mine à peu près teigneuse (les cognacs cécémels commençant sérieusement à peser) :

- Le patron, c’est mon homme ! Et si tu touches à mon homme !!! Hein !

Je reviens au comptoir, subit le sourire avenant de machin qui ne désarme pas.

Un peu perdue :

- Où il est mon Claude ?

- Parti à la réserve. Vous reprenez quelque chose ? Le garçon nous servira !

En me dirigeant vers la réserve :

- La même chose… et bien tassée, la chose !

Mon amant-patient range des bouteilles avec, quand même, une énergie fébrile qui en dit long. Je vais me coller contre lui :

 

- Mon Glaude, t’es fâché ?

J’aime sa main qui se perd dans mes cheveux, sa bouche plus douce encore que d’habitude, son odeur. Entre deux bécots :

- je n’y parviens pas.

[Avantage : Julie !]

Je glisse une main dans ses appartements privés, joue avec son sexe. Envie de lui, envie qu’il me prenne sans ménagement, en bonne brute qu′il n′est pas.

Je le défie du regard, idiotement fière de cet épanouissement qui emplit ma paume et réclame d′autres attentions

J’aime sentir son impérieuse métamorphose.  Je voudrais pouvoir la faire recommencer encore et encore, comme un passage de film qui plaît particulièrement et qu′on "replay" à volonté.   Mon coeur se met à battre plus vite ; je dégage l’objet convoité de sa gangue textile puis, d′une voix oppressée :

- baise-moi !

- dis-moi d’abord ce qui ne va pas, ma toute belle !

- (sourde et têtue) baise-moi !

[Service : Julie !]

Bon ! Alors…

Je me laisse glisser, l’embouche, le goûte, procède avec frénésie, heureuse de l’entendre si vite haleter, bassin projeté, offert.

Evidemment, c′est l′instant que choisit le visage de Marina pour s’imposer à moi.  Elle est dans ma tête, me regarde du dedans, trop douce ; je préfèrerais son dédain en toile de fond à mon acte.  Des larmes me montent aux yeux.

Le feu de mon ventre se transforme en une sorte de passivité sensuelle. Non, je ne veux pas de plaisir, juste en donner ; que Claude se serve de moi - lui, qui commence quand même à gémir sérieusement :

- Julie, arrête ! Je vais jouir si tu continues !

Mes mains arriment son bassin à ma caresse pour l’engloutir au plus loin que je peux, presque dans ma gorge.

Je le "baise" de la bouche, le suce, le pipe, le tète avec ferveur ; heureuse de ma position pénitente…

Mouvement tellement simple lorsqu′on y pense : juste ce sempiternel aller-retour - frotti frotta muqueux, inchangé, venu de la nuit des temps, de notre cerveau reptilien.

C’est la dévotion amoureuse qui fait toute la différence.

(Les bruits mouillés, obscènes, dans le calme ambiant.)

[Ace !]

Je ralentis au premier jet qui fuse, pour n’être plus que le fourreau brûlant de son plaisir ô combien goûteux.

De spasmes en saccades, il me gave.

Tétanisé,

avec

Juste cette grosse veine qui se contracte, amène le sperme sur ma langue en rasades copieuses.

Je le garde en bouche pour prolonger cet instant malgré (ou peut-être à cause de) ce vieux carrelage qui meurtrit mes pauvres genoux.

Pour ne pas, surtout, qu’il voie mes larmes.

Peine perdue : il m’attrape sous les bras, me relève de force et constate.

Nous restons ainsi un long moment, silencieux, à nous regarder.

Il soupire :

- Si tu te décidais à me dire, hmm ?

Mes lèvres tremblent. Je me sens d’abord incapable d’articuler le moindre mot alors je laisse sortir mes sanglots et ma morve ;

puis

je lui déballe tout entre deux hoquets, à la hache, comme une môme en rade, la tête contre sa poitrine.

J’explique à mon amant que je me suis disputée avec mon amante et que ça fait beaucoup plus mal que prévu.

[Jeu, set et match : le Glaude !]

Lui, forcément, il a une vision plus lucide des choses :

- Et c’est pour cette ridicule raison que tu te mets dans un état pareil ? Une dispute !!  Elle t’aime, Marina, et si tu n’avais pas ce caractère de cochon, si tu lui avais laissé un peu de temps au lieu de prendre la mouche, comme d’habitude… déjà, tu crois que c’est facile pour elle de passer d’un état hétérosexuel socialement confortable à l’homosexualité ?

- homo, homo ! Elle est pas homo d’abord…

- Ah ! Qu’est-ce qu’elle est alors ?

- bi, comme moi… enfin je crois !

- Tu n’as jamais pensé que tu lui avais permis de libérer une facette soigneusement refoulée de sa personnalité – la vraie peut-être ?

- Sais pas !

- Tu as fait assez de conneries pour aujourd’hui : je vais laisser mon garçon seul, le temps de te reconduire ! Au lit donzelle !

Retour rapide au comptoir.

Je parviens (entêtement de poivrote débutante) à avaler le dernier cocktail qui m’attendait en évitant le bisou d’au-revoir que machin veut me faire, émoustillé par les traces de mes larmes qu’il doit sans aucun doute attribuer à cette prétendue correction par moi inventée.

Dans la voiture, je m’exalte à nouveau :

- Je veux aller chez Marina, lui parler, lui demander pardon !

Claude, stoïque :

- Demain !

- Non, mainte…

- Demain !!

- M’en fous, j’irai…

- Au lit ! Et je monte avec toi pour m’en assurer !

- y’a ma mère !

- M’EN FOUS !!

- Pffff ! Quel caractère, j′te jure !

 

J′avais détaillé tout le reste de cette nuit là : mon retour dans les bras de Marina, notre réconciliation, nos petits mots bêtes, les serments, les projets, les pardons pardons…

Fidèle (pour une fois, oui, je sais, merci) à ce que je  lui ai promis, j′ai soumis le texte à sa lecture avant publication et elle n′a pas voulu que je rende la dernière partie publique :

- C′est à moi, ces mots là !  Pas aux autres !  Tu peux parler de mon cul si tu veux, de mes seins, de ce qu′on fait, je m′en fous puisque tu es ainsi et que je te prends ainsi, mais pas de nos moments d′amour pur, comprendi ciò che volio dire ?

Ben oui, j′ai compris. 

Je pourrais vous ficeler une fin en trois mots deux virgules – elles vécurent heureuses et eurent beaucoup… non pas ça, c′est pas possible tiens !

Et puis, est-ce que nos mièvreries vous intéressent vraiment, hein ?

20 réactions à “ La colère des amazones – deuxième partie.”

  1. Anonyme dit :

    CONTENT:
    J′aime bien Claude, ta note donne envie de le connaitre.Quant a être notre marionnette, non merci.

  2. pHiLoGrApH dit :

    CONTENT:
    Mais… le lait du Cécémel doit cailler sous un trait de Cognac ! Secouez le tout par la danse et vous cassez les liaisons fibreuses normalement assurée par les enzymes du lait : il en résulte des ponts faibles qui sont tout prêts à libérer leur oxygène. Présentez à ces ponts oxygénés un peu du phosphore contenu dans le sperme et… boum ! La Julie vient d′inventer la pipe qui fait des étincelles.

  3. Jer dit :

    CONTENT:
    Pour vous prouver, si besoin est, que les français sont des barbares … Qu′est ce que c′est, bon sang, que le « cécémel » ??? un service de boîte aux lettres électronique, une unité de mesure, un breuvage gaulois, une nouvelle drogue ???

  4. stine dit :

    CONTENT:
    Dans l′appart de Marina. Le grand Jeu. la coloc pas loin.

  5. Melie dit :

    CONTENT:
    Ciel, je partage avec « Machin » mon fantasme !Je vais peut-être en changer, du coup.

  6. Anonyme dit :

    CONTENT:
    Délire de vieux Avec toute mon admiration discrete mais réelle.

  7. Anonyme dit :

    CONTENT:
    oulala, cela demande réflexion. Mais bon j′aime pas trop agir sur les héros/héroïnes dans les romans que j′aime bien. Sinon je les aime moins. L′idée pour que je les aimes bien c′est que justement ils soient inaccessibles. Autrement, c′est comme si je me regardais dans une glace. Ce qui est directement moins passionnant.

  8. galadrieve dit :

    CONTENT:
    (Bon après avoir ramené du monde ici, s′rait ptetre temps que je commente)Bref, je jouerais bien le jeu, mais y′a un truc qui m′intrigue. Si tu aimes le sexe autant que tu le racontes dans les posts « vie réelle », pourquoi toutes tes nouvellettes montrent ce qu′il peut y avoir de plus dégradant et sordide… Et là, le choc… Mon fantasme restera le mien tant que je ne pourrais être sûre qu′il reste agréable.En attendant, je continue à lire avec plaisir…

  9. Watapou dit :

    CONTENT:
    Pfouuuu quel ennui… peut mieux faire !

  10. Anonyme dit :

    CONTENT:
    Sheepyr > C′est bien pour cela qu′il est mon amant ! Merci pour mon temps libre.Philo > Hi ! J′ai la prétention de croire que toutes mes attentions sont étincelantes. Quelle modestie, n′est-il pas ?Jer > Mais non, vous n′êtes pas… Il s′agit d′une marque de boisson chocolatée particulièrement crémeuse et savoureuse.Stine > J′avais posé pour condition : Pas Marina !!!Mélie > C′est donc ce que vous aviez en tête ! Et vous ne connaîtrez jamais cette joie, donc, les parents de Marina m′ayant acquise en renchérissant d′un dromadaire, pas moins ! Me voilà donc enchaînée, en partance pour le harem de ma nouvelle sultane préférée !Recto > Vous voilà bien solennel pour un simple divertissement, à moins que le sens festif de votre proposition m′échappe ? Eclairez-moi !Spoutnik > Je comprends parfaitement votre point de vue ; raison pour laquelle j′ai précisé que ce mélange réalité /fiction n′aurait lieu qu′une seule et unique fois.Galadrieve > Compliqué. Ces fictions se rapportent à une période particulièrement sombre (et terminée) de ma vie ; elles ne reflètent pas un vécu personnel, je précise. Ces textes sont là pour déranger, justement ; rappeler que le sexe au quotidien peut aussi être un absurde cauchemar. Chacun les interprète comme bon lui semble.

  11. stine dit :

    CONTENT:
    chez marina, mais avec Claude. et décoincer la coloc.

  12. Melie dit :

    CONTENT:
    Bon. Puisque je suis privée de dessert (voire de plat principal, par ailleurs, mais passons), est-ce que je pourrais savoir le pourquoi du titre « La colère des amazones » ? Je m′attendais à voir une jeune femme splendide arc passé en bandoulière sur un demi-thorax plat…

  13. madrilene dit :

    CONTENT:
    Mélie tu t′enmèles les plats (pays).L′explication est dans la premiere partie où telle Penthésilée et ses consoeurs italophones, La Julie s′empoigne verbalement avec marina et vice versa dans une colere homérique. Maintenant est-ce que la rage a été jusqu′à la mamectomie mutuelle et singuliere, l′histoire le dit pas !(version détournée de la mythologie La Juliesilée suce le tendon d′Achilloclaude lol)La Julie et si en sus des chameaux les parents de Mélie te donnent en plus la culotte d′Anne Archet en dote est ce que ca peut pas marcher quand même ?

  14. Anonyme dit :

    CONTENT:
    Qd même, c′est quelqu′un de bien ce « Glaude » ^^ Bisous !

  15. madrilenojordome dit :

    CONTENT:
    Glaude clande ;-)

  16. Anonyme dit :

    CONTENT:
    Madrilène !!!! Un bon majordome ne se permet pas de contrepèteries boiteuses ! Aaah le personnel de nos jours !

  17. madrilene dit :

    CONTENT:
    Qu(eu)e Madame veuille bien m′excuser ca m′a échappé !C′est une vieille habitude du temps que j′étais au service de Mademoiselle Mélie (lol)

  18. madrilenexquise dit :

    CONTENT:
    Tiens pour la suite du texte une proposition un peu farfelue et derridienne (cf. la carte postale) en reprenant tous les textes en gras du texte :C′est ainsi que l′histoire pris fin Trèès mârveilleûûûzz femmes ; Mais qu′est-ce qu′ils ont aujourd′hui !!baise-moi !Demain !!- Au lit !Offre expirée Ouf !

  19. Melie dit :

    CONTENT:
    Quoi Madrilène ? Tu as quitté ton service sauvagement ? Sans préavis ?Je crois que je vais devoir te sanctionner…

  20. madrilene dit :

    CONTENT:
    Enfin Mademoiselle Mélie croyez vous qu′il faille âujourd′hui un préavisse quelconque pour donner congé, c′est ca le libéralisme des valets de pied, le libéralisme sauvage! ceci dit ne vous inquietez pas, car songeant à me dédoubler je réintégrerai aussi votre service psychia-trique, en camisole rouge, c′est la moindre des correction… ;-) ps enfin songez à l′immense avantage d′avoir une espionne en la maisonnée de la rousse Julie … enfin si on me laisse le temps de témoigner avant que de m′expedier aux Champs Elyséens vite fait bien fait …