LA DERNIERE, POUR LA ROUTE !

Des jours à bouger, visiter, sortir, marcher.  Nous sommes toutes trois mortes de fatigue alors, d’un commun accord, nous avons décidé de souffler un peu avant de partir chez les grands parents de Marina. 

 Très impressionnée par notre visite de Pompéi. 

Au lieu d’en faire une simple note, j’envisage de raconter l’histoire d’un pompéien au jour de l’éruption.  J’attendrai sans doute notre retour car j’ai besoin d’un minimum de documentation sur la vie et les moeurs à cette époque et tout cela se trouve dans ma bibliothèque.

 

Après avoir parcouru quelques lignes de mon blog, Francesca semble très intéressée par sa lecture mais n’ose point trop y fouiner tant que nous sommes là. 

Elle connaissait les sites et leur diversité quant aux sujets traités (surtout commerciaux) mais pas cette pratique du « journal intime public » si ce n’est par quelques articles parus ça et là dans la presse écrite.

 

Bien évidemment, le sujet alimente notre conversation du soir.

Et, pour ne pas changer, la question (in-con-tour-na-ble) à 20 balles :

-   … donc, tout ce que tu racontes est vrai, alors ?

-     le fond est vrai mais ce n’est pas le plus important, de mon point de vue. 

    Chacun décide de la façon dont il va bloguer, en fonction de ses attentes.  Moi, je blogue pour m’amuser, et aussi pour divertir les autres dans une certaine mesure.  Le plus important reste, bien entendu, mon propre plaisir.   Tout le monde veut toujours savoir si c’est vrai, si j’ai bien prononcé les mots à la virgule près et tout et tout !  La fonction comptable a de beaux jours devant elle.  Bloguer, c’est avant tout jouer, et ne pas se prendre au sérieux ; le reste, on s’en fout !

-     Et… qui te lit ?

-     Sans doute une majorité d’hommes, mais aussi beaucoup de femmes – bien plus que j’avais imaginé lorsque j’ai commencé en fait, vu que je parle abondamment de cul !

-       Pourquoi tu parles de sexe tout le temps ?  Il y a du sexe partout maintenant ; sexe, sexe, tout le temps, ça lasse !

-       D’abord parce que j’aime ça et puis, le sexe est un langage universel.  Il ne lasse que dans sa version mercantile… enfin, c’est mon avis qui n’engage que moi.

-       Mais… comment tu sais si on te lit ?  Avec les commentaires, les mails ?

-       Bah, non !  Si tous ceux qui me lisent devaient m’écrire, ma boîte à mails saturerait assez vite.  Non, j’ai « Xiti », un programme de statistiques, version gratuite mais assez performante pour les particuliers (pub gratuite sur laquelle je ne touche pas le moindre cent, qu’on se le dise).  Quand j’ai installé ce bidule, j’en suis restée sur le cul : c’est là que j’ai véritablement compris la portée mondiale du net !

-       Qu’est-ce que tu veux dire ?

-       Ben oui, ça t’indique aussi la provenance de ceux qui te lisent !  Tu veux voir ?

 

Le temps (long, long) de faire quelques manipulations sur son ordi et j’arrive sur mon blog, puis dans Xiti. 

Page d’accueil : nombre de visites et de pages lues :

-       C’est les données du mois ?

 

Léger embarras pour ma (très petite) modestie :

-       Heuu… non… du jour !  Et pour l’instant, c’est les vacances donc : calme presque plat !  Mais certains font deux ou trois fois ce chiffre, voire plus.  À côté d’eux, je fais figure d’aimable plaisanterie… d’un autre côté : plus il y a de lecteurs et plus la pression est forte, d’où plus de contraintes et moins d’amusement.  Maintenant, passons à la répartition. 

Basculement vers la mappemonde :

      -       La couleur t’indique le pourcentage d’entrées suivant les continents !

-       C’est coloré partout, sauf au dessus !

-       Ben oui, les ours polaires me lisent assez peu, j’sais pas pourquoi !

-       C’est très global – visuel, mais pas vraiment précis !

-       Attends !

 

Un clic sur « pays » et les tableaux défilent : l’Europe, bien entendu, avec une majorité pour la France, mais aussi : Canada, Etats-Unis, Mexique, Australie, Tunisie, Maroc, Israël, Sénégal, Liban… et puis les vraiment étonnants : Chine, Japon, Corée du Sud, Singapour, Vietnam, Iran, Pérou, Russie, Uruguay, Paraguay…

Deux pages journalières, quatre à cinq pour le mois !

À chaque fois que je consulte cette liste, je me demande qui sont ces gens qui arrivent sur mon petit blog, et qui y reviennent, pour beaucoup, jour après jour !  Comment savoir ?  J’aimerais bien pourtant.

 

 Il y a Francesca, qui se marre :

-       Tu risques de compter une italienne de plus !

 

Puis il y a Marina, qui râle :

-       Bravo !  Qu’est-ce qu’elle va penser de moi, après ça !

-       Siii, eh !  J’ai vu ton nom dans la colonne !  Je me réjouis de lire ! (malicieuse) tu crois que je vais apprendre quelque chose de nouveau sur toi ?  Je te connais quand même depuis des années et j’étais ta meilleure complice !  Julie raconte des choses laides sur toi ?

-       Nnnn…non !  Ma… un po’speciali !  Enfin… ce sont des jeux, rien que des jeux !

-       Et moi, avec Guido, tu crois que je ne joue pas ? Non sono la santa Maria !  Sei la mia amica perché sei sempre stato speciale, ed allora ?

 

J’écoute les deux amies discuter et je réalise tout à coup que cet instant a déjà des senteurs d’au revoir. 

 

Ma gorge se noue. 

 

Sans la disparition de ma Peanuts, je n’aurais jamais connu Francesca vu que Naples n’était initialement pas prévue au programme de nos vacances.

 

Ma Peanuts ! 

Pas un seul jour ne s’est passé sans que je pense à elle.  La peine est toujours là, juste un peu plus supportable sous le soleil italien, mais elle reste, vive.

Sans mon amie, le plaisir de bloguer ne sera plus jamais le même.

 

J’ai beau faire, ma vue se brouille.

 

-       Ma !  Julie, perché pianti ? s’étonne Francesca

Marina m’attire contre elle :

-       Laisse !  Je sais pourquoi elle pleure.

 

7 réactions à “ LA DERNIERE, POUR LA ROUTE !”

  1. ohpizob dit :

    CONTENT:
    je t′ai découverte par hasard et je viens tous les jours, parce que j′aime ta manière de raconter, très différente de la mienne.Il y a toujours de la douceur dans ce que tu écris, et même si c′est pas à la virgule près (on a tous les mêmes questions à ce que je vois), on arrive à se représenter le cadre, les gens. Même sans avoir vu une photo de toi, j′ai une idée de ton visage. Comme quand on lit un roman. L′adaptation au cinéma nous déçoit toujours parce que le personnage est rarement comme on se l′est imaginé.Désolé pour ta peine. Le temps l′effacera et il ne te restera que les beaux souvenirs. Celui qui pense qu′on oublie avec le temps n′a pas connu la perte de quelqu′un qu′on aime. A quelque part, c′est peut-être mieux…

  2. Solveig dit :

    CONTENT:
    Je te lis parce que tu racontes des moments de vie avec douceur et humour. Et parce que tu parles de sexe avec un naturel réjouissant

  3. Anonyme dit :

    CONTENT:
    je suis allé +sieurs fois à pompéi c′est un endroit magique

  4. Aurele dit :

    CONTENT:
    Je te lis parce que c′est rafraîchissant (c′est le premier mot qui me vient à la bouche – et pour une fois je le trouve approprié). Même les sujets tristes sont agréables à lire.

  5. Anonyme dit :

    CONTENT:
    Je t′envoie un nuage de bisous, pour qu′il pleuve sur toi de tendresse et de douceur. J′espère que ta peine s′allège, même tout doucement. Marina à tes côtés est ton meilleur remède contre la tristesse. Cette tristesse qui disparaîtra lentement mais sûrement. Je suis avec toi Julie, je t′embrasse affectueusement…Je suis sûre que le soleil de Pompéï t′a donné une joli couleur de miel!!!

  6. softness dit :

    CONTENT:
    Parce que c est vrai, sensible, reflechi, passionné, fort, rigoureux. Parce qu il y plusieurs degre de lecture pour la plupart des notes.Parce que j ai ete touchee. La lecture de ton blog est a la fois un moment de plaisir, de curiosité, de sincérité, de… J aime quoi !! :-) Le temps apaise les peines. C est une pommade tres efficace qui s etale lentement (par Marina ou d autres) pour que la blessure cicatrice correctement.Savoure tes vacances !! Enjoy

  7. Anonyme dit :

    CONTENT:
    sniff tu est en vac et nous sans note et sans commentaire .. ou es ma seule lectrice ? bisous profite qd meme du soleil et de ta cherie bisous