La nuit près de toi
Il fait bleu, et mon cerveau est en veille.
Les ploc! réguliers qui me parviennent de la salle de bains ne m′agacent pas. Les grillons du jardin non plus. J′entends presque les étoiles respirer quand j′observe le morceau de ciel que les volets entrouverts me laissent voir. Elles nous regardent, les étoiles. Elles nous ont regardés tout à l′heure, tu sais, quand tu m′embrassais, que je t′embrassais, qu′on s′embrassait. Elles nous ont aussi regardés après, quand on étaient trop nus pour faire attention à elles. Puis quand t′as joui, je crois qu′elles ont rougi, les étoiles.
Et moi j′ai ri doucement parce que t′avais l′air épuisé.
Dans cette chambre aux murs de bois, les draps sont blancs et les coussins rouges. Mais dans ma tête, il fait merveilleusement bleu, comme dans le lagon les soirs sans lune. L′air laisse flotter mes pensées bleues entre nos corps et le plafond.
Tu dors sur le ventre, mon amour, pendant que je pense sur le dos. Je pense à toi, infoutu de dormir autrement. Je pense à moi, obligée de blottir ma joue sur tes reins car ton nombril est réservé au matelas. Tu dors la bouche ouverte et je me retiens d′y fourrer la langue.
Je tiens à ma quiétude, le temps s′est arrêté juste pour moi. La nuit sera longue.
Mais nous referrons l′amour demain. En attendant, les secondes tomberont par terre au ralenti, au rythme des plocs! et je me laisserai hypnotiser par la voie lactée.
(dans les yeux)
Moby, morceau "18"
(dans les oreilles)
On croit qu′on fait puis qu′on refait puis qu′on re-re-fait l′amour et ainsi de suite. Mais en fait c′est le même qu′on reprend là où on l′a laissé, et on le continue, on le file comme on file au mauvais coton. Non ?
Hum… les étoiles… pas sûr… mais nous insidieusement, grain par grain de sel… Alors… ce lendemain ?
Notes des extraterrestres qui nous observent (sûrement) :
Après, ils gardent la même position que « pendant » : femme sur le dos, homme sur le ventre ! Génétique ?
Faire dissections sur les sujets pour comprendre.
pHiLo >ben écoutez, j′crois qu′on pourrait en débattre. Vous avez raison, mais parfois je pense qu′on refait vraiment l′amour, on efface, on oublie la fois d′avant et on la recommence. Cela dit, c′est le principe même de la vie que de suivre un fil conducteur.
Balthus et Julie > vous me faites plaisir à rebondir sur mon histoire d′étoiles qui nous reluquent! C′est peut être ce que je préfère dans mon texte…