La réplique qui tombe à pic
Quelle joyeuse scène de retrouvailles c′était. Wouah ça fait du bien de te revoir. Mmmh c′est bon d′entendre ta voix. Mmmh ça fait des frissons de te sentir tout près. Mmmh c′est trippant de rire avec toi à nouveau. Etc.
Vraiment joyeuse j′étais. Et puis lui aussi.
Alors moi, pas farouche, je lui saute au cou. Mes bras font soudain muraille autour de sa nuque, mon ventre affronte le sien de toute sa surface et mes jambes prennent d′assaut son bassin. Je l′encercle de partout. Il ne peut pas fuir. J′ai l′air de tenir en l′air comme par enchantement, vu qu′il ne fait rien pour m′aider; je mise tout sur mes muscles. Bon mais je suis pas non plus Schwarzy.
"- Aide moi! dis-je, avec une pointe d′impatience mal cachée dans la voix.
- Héhé, qu′il ricane. Je te trouve à croquer quand tu t′énerves, alors compte pas sur moi pour faire un geste."
Avec des papillons dans les yeux, je me mets à sourire. Bêtement, bien sûr. J′ai même un bout de langue qui pointe entre les incisives. Je fais même "hihi". Je bats même des cils.
Dans une montée de charité, il installe ses deux mains sous mes fesses, histoire de me protéger de l′attraction de la terre et de m′éviter une belle chute.
Un "merci" part de mes yeux et traverse l′air jusqu′aux siens. On sourit. On sourit encore. On sourit toujours. Ca fait un quart de minute qu′on sourit. J′entends presque les violons.
"- Euh, hahem hahem, que je fais. Sois sympa, sors moi un truc, une bêtise, une grosse insanité, n′importe quoi, mais quelque chose qui fasse disparaître l′ambiance romantique qui s′installe insidieusement dans cette pièce.
Il me regarde droit dans les yeux.
- Le fait que je bande, ça te va?"
Si ça c′est pas de l′esprit d′à propos, je m′y connais pas.
—–