Naples, deux.

Chaleur !

Je n’arrive pas à dormir.  Le plus dur, c’est entre deux et quatre heures du matin, quand les murs semblent rendre, au maximum, la chaleur accumulée durant la journée.

 

Première journée, suite : arrivée chez Francesca.

Dans la chambre d’amis, un lit à deux places.

 

Notre hôtesse, l’air de rien mais avec un zeste d’ironie :

- Vous allez peut-être me dire que cela vous gêne de dormir dans le même lit ?

- (nous deux) Heuu… non, non… pas vraiment !  Pourquoi ?

- Parce que, c’est pas vraiment difficile à deviner !

- (mi-angéliques, mi-étonnées) Ah ?  Quoi donc ?

- Cessate di prendermi per un imbecille, impossible d’avoir l’air plus amoureux que vous deux !  Même qu’il va falloir vous surveiller un peu quand vous arriverez dans la famille de Marina – pas vrai Marina ?  J’imagine la tête de ton grand père si vous vous faites les yeux doux ainsi, devant lui !

- (Marina) Oui, bon… ça vaaa !  C’est comme ça, c′est vrai, d’accord… on ne va pas en faire un plat !  Nous essayerons d’être neutres, voilà… puis s’ils ne nous veulent pas ainsi, che vadano dire buongiorno al diavolo !

- Moi, ce que j’en dis, hein !  Je vous trouve adorables… mais ici, c’est l’Italie, et ta famille – tout comme ma famille, c’est l’Italie profonde, tu le sais bien !  Ils ne peuvent sans doute même pas imaginer que ça pourrait exister, deux femmes qui s’aiment !  Dans les films pornos, peut-être, due puttane qui simulent pour exciter les hommes… mais pas dans la vie de tous les jours, et pas une femme de leur sang !  Jamais !

- Je me demande vraiment si nous allons y rester une semaine !  Tu acceptes les réfugiées sexuelles ?

- Non un problema !  Potete restare fino a quando volete

 

Francesca a pris ses congés en fonction de nous.

Nous partons tôt le matin, pour profiter au maximum de la fraîcheur, avec un frigo portable rempli de victuailles et, surtout, de boissons (j’aurais préféré un panier d’osier, plus romantique mais il faut bien avouer que, au plus chaud de l’après midi, la modernité a du bon.)

 

Naples, c’est la cité du petit commerce ambulant, surtout pour la nourriture.  Je me bourrerais toute la journée de patatines toutes filantes de fromage fondu et de calzones chauds ou froids. 

Face à ma barbarie en matière de nourriture italienne, Francesca s’entête à nous conduire dans des petits restos d’habitués où le fruit de mer est roi.

Endroits sublimes, ne serait-ce que pour l’ambiance.

Qui a dit que la cuisine italienne, c’est toujours la même chose ?

Je vous aurais bien fait un petit exposé rien que sur les pizzas.  Plus tard, peut-être.

 

Je blague, rhôôô !

 

Entre deux bouffes, elle nous balade dans les petites ruelles, trop étroites pour les voitures, où les ménagères font toujours sécher le linge sur des cordes, à l’extérieur et sur plusieurs étages.

Nous avons même droit, grâce à ses fonctions, à la visite de souterrains habituellement interdits au public !

Le sous-sol de Naples, tout comme Paris, ressemble à un gruyère (restons dans le fromage), et ce pour la même raison : on extrayait les pierres sur place pour construire les maisons. 

Beaucoup de particuliers ont des caves qui donnent directement sur ces galeries.

 

Nos soirées sont aussi « à l’italienne ».

Ici, on bouge, on sort, on parle.  Pas question de rester seule dans un coin.  Tout le monde connaît tout le monde, et si on ne connaît pas, c’est tout comme.

Ouais, d’accord, ils sourient quand je baragouine mon italien trop jeune, mais ce n’est pas méchant, et ils se battraient pour m’expliquer les finesses de la langue.

 

Marina chérie, tu avais bien raison de vouloir m’entraîner plus tôt que prévu dans ton beau pays.

 

4 heures 30 A.M.

Par la fenêtre, je vois l’aube gagner du terrain sur la nuit.

Au loin, toujours le Vésuve et ses fumerolles.  Les premières lueurs lui donnent des nuances violettes.

Je resterais bien ici toute ma vie.

Bon, je vais essayer de dormir une heure ou deux de plus avant notre ballade à Sorrente (après midi farniente en bord de mer, enfin !).

Demain : Pompéi.

 

9 réactions à “ Naples, deux.”

  1. Anonyme dit :

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  2. Anonyme dit :

    CONTENT:
    pfff cela encore plus envie.

  3. Anonyme dit :

    CONTENT:
    Rhhoollala! La prochaine fois vous me mettez dans vos valises je me ferais toute petite, promis! Tu vas voir Pompéi faut au moins y rester une journée, mais c′est géniale! Le pied! tu nous raconteras, hein?! 2 gros bisous sur les 2joues.

  4. Aurele dit :

    CONTENT:
    Rha, les souterrains de Naples. Je rêve de les visiter. Veinarde…

  5. ralphy dit :

    CONTENT:
    J′allais vous proposer de vous disputer sérieusement avant le départ pour la famille de Marina, mais je doute finalement que ce soit une bonne idée : vous auriez alors l′air de deux amantes qui font la gueule ; or, on n′invite pas une amie passer quelques jours en famille pour lui faire la tête. De plus, vous seriez prêtes à tout faire pour vous réconcilier, ce qui finirait dans un grabuge nocturne des moins discrets. Bref, Marina aurait été excomuniée, te rendant responsable de ses problèmes familiaux, la séparation serait inévitable et toi, refusant de revenir dans le nouvel appartement joliment décoré par vous deux, tu hérerais quelque part en Europe, voire en Afrique, à la recherche d′un moyen de l′oublier…Non, non, c′est une très mauvaise idée que j′ai eue. Oublie !Bonnes vacances !

  6. Jer dit :

    CONTENT:
    Chouette, voilà que tu reprends la plume bien plus tôt que prévu et tu sembles vraiment prendre ton pied ! Mais attention à ta peau ptite rouquine, le soleil tape là bas sans doute plus dur que chez moi, tu vas vite ressembler à un calzone trop cuit On dirait que tu maitrise déjà pas mal l′italien, croques un bout de pecorino romano pour nous; ciao bella !

  7. Anonyme dit :

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    Granfaman > … miam… ′rci ! Je vais grossir vraiment, moi.Sheepyr > Le plus dur, ça va être de quitter tout cela !Lie soeurette > Pourquoi diable vouloir voyager dans une valise ? Pour le reste, je préfère raconter ce que je ressens plutôt que décrire une carte postale. Qu′est-ce qu′il y a comme monde ici !!Aurele > En fait, nous avons suivi une patrouille spéciale de carabinieri dans leur ronde parce que s′aventurer seule dans ces lieux (excitants au possible) ne serait pas une très bonne idée.Ralphy > Je ne comprends rien à ce que tu me racontes ! Tu m′as tout l′air de « hérer » sérieusement, mais ça serait plutôt dans dans les bégonias !Jer > T′es italien ?? Il me faudra du temps pour apprivoiser la langue mais il n′y a rien de tel que s′immerger pour apprendre. Lorsque nous quitterons Naples, malheureusement, je ne pourrai certainement plus me connecter vu que nous allons dans un assez petit village… enfin, on verra.Miam, le pecorino !! le vieux, piquant !

  8. CONTENT:
    Ravie de passer par là et de lire de tes nouvelles, belle Julie!Amuse toi bien, et vive l′Italie! Pru′

  9. Jer dit :

    CONTENT:
    He non, je ne suis pas italien, tout juste marseillais, un espece de compromis (si c′est possible ) entre le Nord et le Sud de l′Europe. D′ailleurs par chez moi le quai des Belges est à deux pas de la rue de Rome . Si j′apprecie tant le Pecorino romano (et le Grana padano) c′est qu′il remplacent très avantageusement le cheddar anglais qu′on ne trouve plus en France depuis l′épidode de la vache folle.Bon, et les tartines à l′huile d′olive, tomates séchées et Mozzarella ( di Buffala, la vraie) ? ?