Naples, le côté obscur.

Hier, avant midi.

 

Nous sommes à la terrasse d’un café situé en bordure d’une petite place très animée.

Pas loin de nous, un type se gare, sort deux grands baquets plastique de sa voiture, une petite table pliante qu’il recouvre d’une toile cirée sur laquelle il étale des poissons de toutes sortes.  Bientôt, son étal est entouré d’acheteurs (euses).

 Maintenant, ce genre de vente à la sauvette ne m’étonne plus ; c’est monnaie plus que courante à Naples.

 En moins de 15 minutes, il vend une bonne partie de son stock. 

Ça va vite, très vite. 

L’acheteur montre ce qu’il veut, le vendeur prend le poisson, l’emballe dans du méchant papier journal, le billet de banque change de main,

et hop, suivant !

Tout à coup, une voiture s’arrête devant le commerce de fortune ;

un type en uniforme en descend, qui suit un autre type en civil.

Les acheteurs se volatilisent comme par enchantement.

Le vendeur à la sauvette montre ses papiers ; 

pourparler avec les mots et les mains.

Les officiels saisissent les poissons.

 

Ça, ça m’étonne.

 

Je me tourne vers Francesca :

-   Ils saisissent sa marchandise ?

-   Il est connu de leurs services.  Je le connais aussi et je ne lui prendrai jamais un seul poisson !

-   Mais… tout le monde fait ça, ici !  Naples, c’est le royaume de la débrouille, non ?

-   Oui, mais lui, il va pêcher du côté du grand collecteur, dans la partie polluée de la baie.  Normalement, le grand collecteur charrie les déchets des égouts loin vers la pleine mer mais les tuyaux sont crevés.  La ville ne fait rien et les déchets attirent les poissons.  Inutile de te dire qu’ils ne sont pas consommables.  Les filets sont plus remplis d’ordures que de poissons.

-   Et il les vend ?  Et… et… les gens les achètent ?

-   Hé oui !  C’est çà aussi, Napoli !  La pollution, les autorités corrompues ou qui ferment les yeux pour diverses raisons.  Plusieurs restaurants achètent ces poissons, impropres à la consommation.  Ne t’inquiète pas : ceux dans lesquels je vous ai emmenées sont au dessus de tout soupçons, mais la vie est dure pour tous.  En grandissant, Naples change.  Le tourisme ne fait pas vivre tout le monde, loin de là.

 

 ================

 

Soir.

 

Sortie en boîte, encore. 

Nous commençons à être connues.

 

Nous nous perdons dans une "partie" de « tequila boom boom », façon locale :

tequila additionné d’un trait de tabasco et de très peu de soda.  Shooter le breuvage dans un grand verre couvert d’un essuie plié en huit : ça mousse ; boire d’un trait puis lécher une pincée de sel sur le dos de sa main et rincer la bouche en suçant un peu de citron.

 

Recommencer, etc.

Nous avons abandonné après quatre verres, pas folles.

 Quelques uns, aujourd’hui, doivent avoir une gueule de bois mémorable.

 Joyeuse, mais j’ai quand même eu le temps de voir une enveloppe qui changeait de mains, du comptoir vers un quidam BCBG.

 Non, tout n’est pas rose ni transparent dans ce beau pays.

 

 

Effets de la tequila boom boom ?

Au petit matin, dans l′intimité de notre chambre, Marina m′a léché les pieds pendant une bonne demi-heure.

… et ça m′a excitée au delà de toute description.

Nous avons vraiment tous les défauts !

11 réactions à “ Naples, le côté obscur.”

  1. madrilene dit :

    CONTENT:
    ca chatouille ?

  2. ralphy dit :

    CONTENT:
    En somme, Naples est une espèce méditerrannéenne de Brazil post moderne ?

  3. Anonyme dit :

    CONTENT:
    C′est tellement bon d′avoir des défauts…. :p

  4. madrilene dit :

    CONTENT:
    j′espère que vous n′aviez pas été faire un brin de trempette des pieds près de grande collecteur dans l′après midi !!! mais on ne peut pas avoir tous les défauts non plus !

  5. Anonyme dit :

    CONTENT:
    Mad > Non, non, elle savait s′y prendre, la gueuse ! Quant à la pollution de la baie, avec les courants, elle est plus ou moins localisée. A quelques kms du grand collecteur, il y a une réserve naturelle avec des coraux de toute beauté, preuve que la mer est pure à cet endroit.Ralphy > ça serait t-y pas plutôt la mer tyrrhénéenne, par là ? Note que ce sont les mêmes eaux que la mediterranée, si on y pense bien. Naples, en dehors des zones touristiques, est terriblement polluée. Toute la partie industrielle se développe dans une totale anarchie. Triste ! (tu ne mets plus des encadrés ? Déjà fini ?)Lulie > Avant, j′avais tendance à me moquer des amoureux du pied. Ben, maintenant, c′est fini ! Cette partie de notre anatomie, trop longtemps vouée à l′indifférence, malmenée dans de méchantes chaussures, possède des vertus aphrodisiaques non négligeables. Depuis cette scène, je regarde les pieds de ma belle avec une concupiscence non feinte, moi aussi ! Comme quoi, en matière d′érotisme, rien n′est à négliger, hein !

  6. madrilene dit :

    CONTENT:
    « avant la léchouille un petit massage du pied (avec un peu d′huile essentiel) c′est extra, d′autant que comme un microcosme tout le corps y est en réduction ! A titre aphrodisiaque mais aussi à titre curatif, bref amoureusement au sens large c′est divin !Et quand on a personne « sous la main » pour le pied, des balles de tennis ou un « cochonnet » (lol) c′est super !Moi je suis fan et ca a changé ma vie »"je rajoute qu′on retrouve les points dans la main et dans l′oreille… »Mme Madrilene 103 ans – Vitry sur Seine

  7. Melie dit :

    CONTENT:
    Hein, quels défauts ? Lécher les pieds ?

  8. Anonyme dit :

    CONTENT:
    Mamy Madri > Nous avions déjà un peu essayé les massages du peton mais ici, nulle préparation : le pied, droit sorti de la chaussure. Peut-être, effectivement, à tester avec les chatouilleuses.Mélie > Toi aussi, tu es adepte de cette pratique ? On dit généralement des footlovers qu′ils sont tordus.En tout cas, nous avons apprécié toutes les deux. Marina pour ses raisons plus… physiques mais aussi avec son point de vue « soumise ».Quant à moi, le plaisir fut entièrement psychologique, enfin… on pourrait parler de psychosomatique ? Le plaisir cérébral entraînant une réaction TRES physique !Deviendrais-je perverse mémère ?

  9. Madrilene dit :

    CONTENT:
    tu crois pas qu′il faudrait mettre des préservatifs sur les doigts de pied ? D′ici que Marina tombe enceinte ou se choppe une mycose ;-)(je vais boire de la tequila)

  10. CONTENT:
    Non Julie, je ne suis pas adepte, mais c′est peut-être parce que je n′ai jamais essayé ;-)Mais il ne me semble pas que les footlovers entrent dans le cadre des paraphilies, il faudrait que je vérifie ça… Je trouve que les autres « footlovers » (ceux qui regardent le football de façon complètement obsessionnelle) sont autrement plus inquiétants ! ;-)Ne parle pas de « psychosomatique », psychologique me paraît suffisant, quant à la perversion ma foi, ça dépend d′autres paramètres, dont nous ne discuterons peut-être pas en public, si ?

  11. madrilene2-0 dit :

    CONTENT:
    tu penses à qui Mélie quand tu parles de footloveuse (à Lucienne? ???? ;-)