(O)rages et (dé)sespoirs 2, la suite
Toute la journée d′hier, j′ai bien essayé de me calmer mais plus j′essayais et plus le lait débordait du poèlon. J′ai donc apprêté mes armes. Aujourd′hui, grosse nervosité aux partiels ; je crois que c′est bon quand même. Je suis une stressée incroyable malgré que je sois une excellente bosseuse dans l′urgence. Mes histoires de coeur/cul n′arrangent pas ma concentration.
Retour "mai-son" comme dit un p′tit bonhomme bien connu.
L′avantage d′habiter une rue assez calme, c′est qu′on entend venir l′ennemi. Je n′ai pas longtemps à attendre. Monsieur le menteur se pointe en tenue décontractée. De ma fenêtre, je le regarde se garer, fermer sa précieuse auto, traverser de sa belle démarche souple de félin
(MENTEUR !!!),
sûr de lui. Instantanément, mon sang bouillonne et je me rue sur le palier avec mes armes. Habitant un immeuble sans ascenseur, j′ai le temps de le voir venir. Tant pis pour les voisins, j′entonne mon chant de guerre d′une voix haut perchée, l′arme à la main :
Roxanne, you don′t have to put on the red light,
those days are over,
you don′t have to sell your body to the night
(je peux le voir lever la tête vers moi, étonné, je continue de plus belle)
Rooooxan′, you don′t have to wear that dress tonight,
(il hésite un peu mais grimpe quand même)
walk the street for money,
you don′t care if it′s wrong or if it′s right
(évidemment, mes deux voisins de palier sortent, les sourcils en arc en ciel, bouche bée)
ROOOXAN′ you don′t have to put on the red light,
ROOOOOOXAAAN′, you don′t have to put on the red light
maintenant, il est à portée, je lui balance un premier seau d′eau sur la tronche, empoigne le deuxième et reprends de plus belle :
ROOOOXAN′ put on the red light
ROOOOXAN′ put on the red light
et vlan, une deuxième tournée, il est trempé de la tête aux pieds. Une dernière pour la route :
ROOOOXAN′ put on the red light,
j′empoigne ma batte de base ball, prête, teigneuse comme pas deux. Ma charmante vieille voisine bêle, toute perdue :
- maaaais, Julie, qu′est-ce que tu fais ?
- Je désinfecte les communs, madame ***, il va faire tout propre, vous verrez !
Mon autre voisin, lui, se marre doucement. Je crois qu′il m′aime bien malgré son air ronchon. J′attends toujours, regardant Claude (qui reste pétrifié au millieu de la dernière volée de marches) dans le blanc des yeux. Il reste beau, ce salaud, même trempé, même bouche ouverte, même tout perdu. Le temps s′immobilise. il fait des mouvements de bouche comme un poisson hors de l′eau, finit quand même par articuler :
- Ju… Julie, merde quoi !
Il s′arrête, comme s′il pensait soudain à quelque chose, puis le voilà qui se met à rire. Cela commence par quelques hoquets spasmodiques, puis ça enfle, enfle. Il glisse le long du mur, tombe assis sur une marche, à se marrer comme un bossu, ce qui a pour effet de me déstabiliser. Je doute, regrette (un peu), baisse ma batte. Il secoue la tête, tout gai, écarte les bras :
- D′accord, je le mérite, d′accord, Julie, c′est de bonne guerre, j′aurais pas dû. On peut parler maintenant ?
Je fais ma butée :
- d′abord, faut que je nettoie les escaliers. Tu pourrais m′aider, peut-être ?
- D′accord, amène torchon et raclette, puis range cet instrument, je ne lèverai jamais la main sur toi, OK ?
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Une réception d′anthologie avec musique et rafraichissements, félicitations
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ABSOLUMENT GENIALE !!! La mise en scene, la lire, l′immaginer, la ressentire……. Le vivre, l′écrire et la relire, se surprendre ! Encore mieux tu me diras.Mais comment tu fais ? Com-ment-tu-fais ?-L-