Avis : trouvé rouquine, contacter le journal

Impression étrange en retrouvant l’éditeur de texte de notre blog. C’est vrai qu’il y a tant de temps…
Une désagréable appréhension me serre la gorge tandis que j’écris ces lignes et pourtant je ne crois pas être une fille superstitieuse mais mon long silence commença suite à une incroyable série de problèmes et pannes informatiques en tous genres. Plus je m’entêtais à écrire : " maintenant, tout va bien" et plus le sort s’acharnait sur titine (Mon ordi pour ceux qui se demanderaient de qui je parle).  Cette dernière passa de longues semaines en réparation chez l’importateur et mon coeur se serrait lorsque je l’imaginais, démontée, livrée aux mains – sinon sadiques, du moins incertaines, de quelque jeune technicien aussi boutonneux qu’indifférent.

Privée d’Internet, je réappris à vivre autrement, à faire d’autres choses.
Le Web est bel et bien une addiction.
Loin de la toile, je passai un été à l’ancienne, tantôt dans la brousse ardennaise, tantôt en mer du Nord, à bord d’un petit voilier (une dizaine de mètres quand même) sur lequel je manquai bel et bien de vivre un naufrage dans les règles de… l’art en compagnie de Michael – promu capitaine au long cours maître-caboteur pour l’occasion, et Marina, ensorcelante sirène dont le chant… fascinant, à la nuit venue et alors que nous passions au large de Zeebruges, attira au plus près de notre minuscule coquille de noix un de ces immenses supertankers haut comme un building qui faillit bien, le con, nous faire chavirer.
Lorsque j’y repense, je serre encore les fesses !

Bien sûr, de temps à autre, les saintes chéries titillaient ma conscience.  Prunelle verte ayant disparu de la circulation et ma Juls visitant l’Irlande, amoureuse de surcroît (quand on aime, a-t-on encore le temps de tenir un blog ?),  je croyais sincèrement qu’aucune note n’avait été publiée depuis des mois.
Dès lors, à quoi bon ? Un lieu à l’abandon depuis si longtemps, hein ?
Les lecteurs s’en vont bien plus vite qu’ils ne viennent.

C’était compter sans ladite valeureuse Juls qui, contre vents et marées, protégeait la petite flamme des saintes.
Nous échangions bien, elle et moi, des messages sur MSN mais jamais nous ne parlions du blog. Cela me confortait dans l’idée que ce dernier était bel et bien abandonné. Je n’avais pas le courage d’y retourner, de constater l’épouvantable débâcle.
Enfin, la semaine passée, ma jolie bougresse demanda : « et pour le blog, que fait-on ? »
C’est alors que le franc tomba (oui, bon, d’accord, parfois il me faut du temps).
À la grande surprise Marina, je tapai du poing sur la table en m’écriant :

- Par les moustaches de Saint-Eustache, que le grand cric me croque si je me trompe mais je crois bien que cette délicate enfant… Teufel… j’en aurai le coeur net !
- Tu pourrais peut-être m’expliquer
, soupira mon exquise italienne sans s’émouvoir outre mesure.
- notre blog, Marina ! Juls continue à publier sur notre blog !  Je ne peux la laisser, brave parmi les braves…
- Porca miseria, fini les soirées-câlins devant la télé. Voilà que ça la reprend !
- M’enfin, imagine la, toute frêle, maniant seule le lourd et terrible porte-plume des saintes chéries !

Elle me vota un regard lourd d’ironie, paupières mi-closes et sourcils en accent circonflexe :

- Petite poussée de fièvre ? Difficultés de digestion ? La nouvelle Jeanne d’arc des temps modernes ?
- arrière, femme insensible, ô cruelle descendante des Borgias !
- ma… cosa mi dici ? Une folle ! J’aime une folle !!
- Attends ce soir pour ta douleur ! T’en foutrais moi, des folles !
- miam ! Une promesse !

Question promesses, justement, je ne me risquerai plus à en faire. Le proche avenir me dira si j’ai du temps en suffisance, si ma titine survivra à cette note… Et si… Et si…
D’abord, il y a la rentrée universitaire – toujours houleuse, boiteuse, presque par tradition ; puis il y a Max, copain et ex grand reporter, détruit tant psychologiquement que physiquement par son ancien métier, qui tente de faire face à son passé en mettant ses cahiers (un condensé d’ignobles gribouillis écrits sur le vif) à jour en vue d’éventuelles mémoires. Seul, il n’y arrivera jamais tant les blocages sont profonds et violents.
Je lui ai suggéré d’ouvrir un blog. Il fait « oui oui » de la tête mais dès qu’il se retrouve seul…
S’il était femme, je l’aurais invité à écrire dans les colonnes des saintes chéries mais voilà, il a un vieux service trois pièces en trop pour prétendre à être une sainte chérie.

À suivre… peut-être.

Demi finale

La France vibre au rythme du ballon oval.

A tel point que les concepteurs de canapé ont  dû revoir les modèles pour les renforcer. Eh oui! Il faut pouvoir supporter ces kilos de chairs surexitées face à un écran de télévision.
Un ballon, deux équipes et de l’adrénaline qui coule à flot dans les veines. Des crampons qui rayent l’uniforme vert du terrain, des centaines de kilos de muscles qui entrent en collision. Du sang qui vient s’ajouter aux couleurs des maillots, la sueur. Le hakka des Néo Zélandais qui sonne comme une danse de mort de l’équipe adverse. Le défi dans les yeux, les machoires serrées. Et encore les cris, de joie, de colère, d’encouragement.
Les hurlements des supporters, qui tournent et virent sans arrêt dans un stade.
La France pense rugby en ce moment.

Et moi?
Ma foi, je pense Champlain, Jaurès, noblesse espagnole, … Je cauchemarde en pensant à mes profs. Mon cerveau s’emballe et s’enraye à force de tourner dans tous les sens les sujets de dissert, les exposés. 
Je pense en terme de rendement, de temps perdu dans les transport en commun, au sac pas assez grand pour contenir tous les livres.
Et en même temps je remercie le ciel d’avoir de quoi me sortir la tête de la fac. Sinon j’aurai l’impression de me noyer, une sorte d’apnée involontaire. C’est une rentrée quoi  ! Il faut le temps de s’adapter.

Comme dirait mon cher oncle : " Après 5 mois de tourisme ça doit te faire drôle de foutre enfin quelque chose!"

Ben oué, ça fait drôle, mais moi ça me fait pas rire plus que ça.

Rentrée

Eh oui ! Toutes les bonnes choses ont une fin comme : la dernière part d’un superbe gâteau au chocolat, la dernière fraise de l’année, le dernier baiser avant le départ, … la dernière journée de vacances .
Il va bien falloir, se remettre en mode travail scolaire, étudiante.
Même si pour la majorité des personnes être étudiant en fac, n’est pas ce qu’on pourrait appeller un boulot prenant.

Sur un ton interressé : "Et tu fais quoi dans la vie?
Fière d’elle : -Ben je suis étudiante à l’université de ****
Ton totalement désinterressé :  -Ah oué, à la fac’ quoi!"

Il y a quand même quelques sources de stress.

La troisième année, le stress des concours, les avenirs qui se bouchent et se débouchent au grès des notes et des appréciations. Les examens, les exposés, la bibliothèque. Les profs terrifiants de cynisme qui n’hésitent pas à vous faire comprendre que vous ne valez rien à l’oral.
Les oraux justement, devant une quarantaine de vos condisciples à moitié endormis et qui n’en n’ont rien à foutre de ce dont vous parlez. (Pourtant dans le tas il y aura toujours le lèche cul prétencieux qui a tout retenu et qui posera LA question qui vous cloue le bec.)
Ca fait beaucoup.

A cela il faut ajouter :
- Les problèmes de transports, et les différentes grèves qui secouent de temps en temps les services de transports publics. (C’est d’ailleur pour ça que je paye un abonnement à l’année, j’aime bien voir que ça ne suffit pas à décider un chauffeur gréviste à assurer un service minimum.)
- Les soucis domestiques générés par un appart’ (loyers, factures, ménage, bref tous les trucs qu’on voudrait oublier).
- L’argent, ben oui, un étudiant c’est pas forcément un héritier multimilliardaire qui traine dans la porch de papa. Donc il faut choisir : les soldes ou les livres de cours? Fringues/bouquins?
- Les relations sociales à entretenir. Il faut jongler entre les soirées qui finissent tôt le matin, les heures de cours, les amis qu’on ne veut pas voir mais qu’il faut aller voir quand même.

Et le pire dans tout ça, ce qui me fait chier par dessus tout, c’est de devoir ré -entendre mon réveil sonner tous les matins.

Squatteurs

Ils sont arrivés au milieu de la nuit. Il n’y a eut que le bruit de leurs pas dans les escaliers pour les annoncer. Juste des bruits de pas. Ce martèlement régulier a ensuite cédé la place à un cri dans la nuit. Des fuseaux de lumières ont jaillit en effaçant les ténèbres. Des lumières dansantes qui nous aveuglaient et nous ont transformées en proie affolées. Dans ces éclairages crus les familles tentaient désespérément de se regrouper, troupeau bêlant face au danger. 

De mon matelas au sol, je ne voyais que des jambes. De longues jambes d’homme avec des pantalons de costumes couleurs anthracite, noirs. Pas de trous ou de taches comme les pantalons des squatteurs. Pas de couleurs vives. Non, juste de longues jambes d’hommes bien nourris, bien campées et sûrs de leur bon droit. C’étaient de ces jambes que venaient les lumières dansantes, c’était à la suite de ces jambes que se traînaient les masses noires.
Après les cris des femmes et des enfants, les plaintes des hommes il y eut un court instant de silence. Le claquement de deux mains l’une contre l’autre appelait au silence.

Un homme aux jambes grises a baragouiné dans sa langue une suite de mots incompréhensibles. Mais lourde de menaces. Dans les lumières des lampes électriques, je voyais de grands yeux de biches surpris en pleins sommeil, des bouches ouvertes qui articulaient rapidement, des prières ? Tous ces gens sentaient la menace que recelait les paroles de l’homme. L’expulsion, dans le meilleur des cas.
Une femme, pas loin de moi, a répété ce que l’homme venait de dire, il fallait partir. Encore. L’immeuble était à eux, on n’avait pas le droit de rester. Même pas une nuit. On n’était pas chez nous. Il fallait partir. Maintenant.

Certaines femmes ont commencé à prendre tout ce qui leurs tombaient sous la main pour décamper le plus vite possible. Mais des hommes se sont levés face aux hommes en gris et noirs. Je ne comprenais toujours pas ce qui se disait dans cette langue encore étrangère. Mais j’ai déchiffré la négociation dans le ton des hommes. Ainsi que l’échec des mots, quand la batte s’est élevée pour retomber sur le bras tendu du premier suppliant. Et les cris ont recommencés. Rythmés par les bruits de coups, les affaires qui tombent sur le sol et les corps qui s’écrasent dans une fuite pour la survie. Les bruits de vaisselles qui se brisent, les imprécations des hommes et les rires des agresseurs.

Je ne voyais de tout ça, aplatis par la terreur sur mon matelas, que des jambes. Des centaines de membres démultipliés par les lumières et les ombres qui s’agitaient dans un bruit de course. Des pieds qui piétinaient tout, qui fuyaient, qui poursuivaient. Et le bruit terrifiant de la masse qui tombe, éparpillant en miettes encore un souvenir du pays, d’une vie, ou juste un meuble, précieux car utile à ses anciens propriétaires.

On m’avait dit que je vivrais libre dans un pays qui ne connaissait ni la guerre ni la faim. On m’avait dit que j’aurais un foyer qui ne finirais pas écrasé par une bombe. Je suis libre de courir vers un autre refuge encore plus pouilleux que le précédent. Je vis pour voir mon abri et mes souvenirs écrasés par une masse.

                       Alors où est la liberté?

Petite note …

Je ne fais que passer! Et je m’excuse pour le caractère complétement baclé de cette note, mais là je suis pressée : l’eau des pates refuse catégoriquement de rester dans la casserole.
Vous comprenez donc le problème culinaire que j’ai sur le dos!

Une note pour pour prévenir que je pars moi aussi en vacances! je quitte le soleil qui vient à peine de réaparaitre pour la pluie irlandaise.
Le seul commentaire que j’ai à ce propos est : "Ah oui! L’Irlande c’est vert." Non mais c’est quoi cette remarque! L’Irlande c’est vert!  Oui et alors !?
Bref je préviens de mon absence momentanée pour la semaine qui arrive…

 

 Page 2 of 60 « 1  2  3  4  5 » ...  Last »