Les publicitaires sont bizarres

Si vous avez la chance d′avoir chez vous cet appareil génial appelé "télévision", et que vous l′allumez, vous aurez peut être l′occasion de tomber sur la dernière pub Calgonit (qui se propose aimablement pour nous aider à laver nos plats dégueulasses).

Alors c′est la fête chez la voisine d′en face. Une soirée costumée qui donne très envie d′y être. Tout le monde a mangé son gratin brûlé dans sa belle assiette blanche, et ça a collé dans le fond. Et là c′est le drame. Parce que cette conne ne fait pas tremper, et fout tout direct dans le lave-vaisselle. Et voilà qu′elle nous dit:

" Avec mon nouveau calgonit et sa bille rouge très efficace, c′est impeccable ! "

C′est déjà dur à avaler, mais en plus ils s′imaginent qu′on va faire confiance à une blonde déguisée en coccinelle.

 

—–

Mais urbaine je reste

« ouvre tes mains j′y noierai mon front je voguerai sur le velours de ta vie »

Non c′est pas de moi, non. Et heureusement, parce que c′est pas terrible-terrible, je vous l′accorde.

Mais de l′âge où j′appris à lire, jusqu′à l′âge où j′eus la curiosité d′ouvrir un vrai livre de prose, cette phrase fut pour moi la plus poétique au monde. Elle ornait, en grandes lettres violettes, cinq mètres d′un mur de mon quartier devant lequel je passais chaque jour pour la bonne raison qu′il était sur le chemin de mon école.
A l′aller, je tenais mon papa d′une main, des deux pieds je sautais dans les feuilles mortes (du moins en automne), et puis je parlais des palpitants évènements communs à la vie quotidienne de tous les gosses. Mais quand j′arrivais à ce mur, plus un mot; je levais le regard, et ma petite voix intérieure récitait les mots en même temps que mes yeux les lisaient. Je me concentrais sûrement plus que pendant n′importe quel cours de ma maîtresse d′alors. Arrivée à la fin de la phrase, qui à l′époque me paraissait longue, siii longue, un éclair de fierté doublé de satisfaction traversait mon petit esprit: « Youp′la! J′la connais par coeur. »  Et jamais je ne manquais ma petite récitation, quelque soit l′heure où je passais devant le mur. Et l′inscription y est restée des années, et des années, et des années.
Je crois que c′est à cette époque que j′ai perçu pour la première fois ce qu′il pouvait y avoir de beau et de pétillant dans la Ville. J′étais intiment liée à un graffiti sur un mur urbain. Urbaine j′étais.

 Il y a quelques mois, je déambulais, et soudain j′ai repensé à cette phrase, sur ce mur. J′ai fait un effort pour me rappeler des mots et de leur ordre. Je suis mentalement arrivée au bout de la phrase en si peu de temps que j′étais toute dépitée. C′était si court, si simple. J′ai alors décidé de me détourner de mon itinéraire de quelques patés de maison de façon à passer devant le mur. Pour faire un clin d′oeil à la petite fille que je fus.

Rien.

Plus de phrase.

Le mur avait été repeint quelques jours auparavant.

Je crois que c′est il y a quelques mois que j′ai vu pour la première fois que la beauté et le pétillant de la Ville sont tristement éphémères.

—–

Page blanche et autres non-inspirations

Henri Michaux est (plutôt était, vu qu′il a eu l′idée assez peu originale de mourir) un poète belge du XXe. Je ne le connais pas du tout. Mais il a écrit, entre autres, ça :

                 "  Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage. "

Alors moi, je dis merci. Et je vais dormir, en espérant que le sommeil fera infuser mes idées d′écriture non-abouties.

Messieurs !

Regardez un peu ce que disent mes statistiques:

Qualification d′audience

 

Sexe
Messieurs          66 %

Dites donc les mecs, ça vous tuerait d′être un peu polis et de dire bonjour quand vous passez chez une demoiselle ??!

—–

Plus j′apprends plus je découvre que…

… je ne sais rien (ou pas grand chose).

(oui c′est assez peu original il est vrai, mais qui est capable de maîtriser ses prises de conscience angoissées ?)

—–

 Page 58 of 60  « First  ... « 56  57  58  59  60 »