La réplique qui tombe à pic

Quelle joyeuse scène de retrouvailles c′était. Wouah ça fait du bien de te revoir. Mmmh c′est bon d′entendre ta voix. Mmmh ça fait des frissons de te sentir tout près. Mmmh c′est trippant de rire avec toi à nouveau. Etc. 

Vraiment joyeuse j′étais. Et puis lui aussi.

Alors moi, pas farouche, je lui saute au cou. Mes bras font soudain muraille autour de sa nuque, mon ventre affronte le sien de toute sa surface et mes jambes prennent d′assaut son bassin. Je l′encercle de partout. Il ne peut pas fuir. J′ai l′air de tenir en l′air comme par enchantement, vu qu′il ne fait rien pour m′aider; je mise tout sur mes muscles. Bon mais je suis pas non plus Schwarzy.

"- Aide moi! dis-je, avec une pointe d′impatience mal cachée dans la voix.

 - Héhé, qu′il ricane. Je te trouve à croquer quand tu t′énerves, alors compte pas sur moi pour faire un geste."

Avec des papillons dans les yeux, je me mets à sourire. Bêtement, bien sûr. J′ai même un bout de langue qui pointe entre les incisives. Je fais même "hihi". Je bats même des cils.

Dans une montée de charité, il installe ses deux mains sous mes fesses, histoire de me protéger de l′attraction de la terre et de m′éviter une belle chute.

Un "merci" part de mes yeux et traverse l′air jusqu′aux siens. On sourit. On sourit encore. On sourit toujours. Ca fait un quart de minute qu′on sourit. J′entends presque les violons.

"- Euh, hahem hahem, que je fais. Sois sympa, sors moi un truc, une bêtise, une grosse insanité, n′importe quoi, mais quelque chose qui fasse disparaître l′ambiance romantique qui s′installe insidieusement dans cette pièce.

Il me regarde droit dans les yeux.

 - Le fait que je bande, ça te va?"

 

Si ça c′est pas de l′esprit d′à propos, je m′y connais pas.

 

—–

Comment avoir de l′humour au quotidien

Dans la rue…

" – Mademoiselle ?
– Oui ?
– Excusez moi, mais vous êtes très belle !
– Oh !… Ben, faut pas vous excuser, c′est pas de votre faute… "

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Mon doux inconnu du 6 janvier

En train de rentrer vers mon home sweet home. J′avais fait de ma journée une journée pas terrible. Le genre dont on se dit …"Pourquoi ne suis-je pas passée directement d′hier à demain?"

Rues sombres. Vent froid. Hommes pervers. Esprits pervers. Regards pervers.

Enervement.   …Résignation.

A vingt mètres, une grande silhouette masculine brune arrive en sens inverse. Croisement dans 5 secondes. Mais trottoir étroit. Et scooter garé en travers. Croisement difficile dans 3 secondes. Je chope pas son regard. Ses yeux sont dirigés vers le sol. Il est ailleurs. Bon. Je m′apprête à m′arrêter de côté pour laisser passer. Comme toujours.

Mais il atteint le scooter avant moi.

Et c′est lui qui s′arrête.

Il fait un pas de côté et se range derrière le scooter. Il décroche son regard du vide et le plante dans le mien. Genre "lalalère". Je cache mon air ahuri, je longe le véhicule et frôle mon inconnu. Qu′il est joli. Mes yeux levés, léger sourire, lueur qui doit lui donner l′impression qu′il est un dieu. Dans ma tête c′est "Merci Bravo Je t′aime et Adieu". Je crois que ça faisait longtemps que je n′avais pas été ainsi surprise. Agréablement, je veux dire. Putain d′agréablement.

C′était quoi? De la simple galanterie pas forcée, de la gentillesse doublée de désintéressement. Un réflexe, peut être. Mais nom de dieu que c′était bon.

Messieurs, si vous saviez comme c′est charmant, vous feriez ça bien plus souvent.

Dommages et Intérêts

Article 1382 du Code civil:
« Tout fait quelconque de l′homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. »

 

Tu sais combien tu vas prendre, chéri, pour mon coeur brisé ?

 

 

Se sentir comme un eunuque en érection

vendredi 31 décembre 2004, 15h55

Envie d′une énorme, d′une gigantesque, d′une interminable cigarette.

Envie de la tenir sans fermeté entre mon index et mon majeur paresseux.

Envie d′avoir les bras ballants et les mains légères qui montent sans forcer jusqu′à ma bouche qui s′ouvre au ralenti.

Envie d′avoir les lèvres qui se collent au papier et s′en décollent au rythme des lentes inspirations-expirations.

Envie d′avoir le regard vide et vague, perdu sur un point hasardeux de l′horizon, et les sourcils froncés.

Envie de passer ma langue sur ma lèvre inférieure pour sentir le goût âpre, et envie d′essuyer ma salive du bout du pouce.

Envie d′aspirer une bouffée, de serrer les machoires à m′en casser les dents jusqu′à sentir mes poumons éclater; alors envie de tout relâcher d′un coup, l′air et la fumée, la nicotine et les goudrons.

Juste envie de m′évaporer dans l′air.

 

Yen a, leur problème à ce moment-là, c′est qu′il leur manque la clope, ou bien le briquet.

Mon petit souci à moi, là, c′est que je suis non-fumeuse.

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