Long, le présent épisode. C’est pour compenser le fait que la semaine prochaine, je risque fort de ne rien pouvoir poster vu que mon fournisseur d’accès a prévenu que nous aurions de nombreuses coupures.
Mais vous aurez une petite perle de Juls !
Même remarque que d’hab’ : pour avoir les épisodes au complet, cliquez sur : "cocaïne fiction, à droite dans la colonne. Bizz
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Le barbecue embaume à tout va.
Au menu : quelques merguez, quelques côtes de porc, beaucoup de patates braisées et un vin rouge bon marché assez ignoble. La salade est réduite à la portion congrue. Je grignote pour faire comme les autres mais le coeur n’y est pas. Agnes le remarque assez vite :
- Pas terrible, hein, me glisse t-elle à l’oreille. J’ai laissé Bernard passer commande chez le boucher. Je m’occupe de tout qu’il disait. Gênée comme pas deux, je suis. Par contre, côté bière, il a vu grand.
- Je déteste la bière !
- Désolée !
- Pas grave ! Je suis venu pour te voir et te fêter. Le reste n’a aucune importance.
- Mais qu’est-ce qui m’a pris de me marier avec ce balourd.
- Excellente question !
- J’étais acculée : des dettes, pas de travail, les huissiers… Il m’a présenté notre union comme une simple cohabitation financière. Puis on a baisé. De ce côté là, j’suis plutôt délurée. J’invitais toutes mes copines dans notre lit et il aimait ça, tu penses. Seulement, lorsque j’ai voulu convier un autre mec dans l’arène : pas question ! En plus, il baise mal, j’te jure. Je ne dis pas ça par mesquinerie mais il baise vraiment, vraiment mal ! Et maintenant, pour couronner le tout, il joue les guignols d’extrême droite.
- Mais… tu savais quand même qu’il était raciste !
- Au début, non, franchement ; il n’abordait pas le sujet. Puis il a trouvé ce boulot de vigile où il a rencontré des mecs qui affichaient ouvertement ce genre d’opinions. Il est en train de plonger à fond dans cette merde.
- Que vas-tu faire ?
- Le quitter ! J’ai pris ma décision aujourd’hui. En plus, tu connais son amour pour les armes. J’avais réussi à lui faire revendre celles pour lesquelles il risquait des ennuis avec la justice…
- Ses fusils d’assaut semi-automatiques ?
- ouais, plus deux gros revolvers mais depuis qu’il fréquente ses copains nazis, il en a racheté. Avec son gros porc de copain, ils ont construit une petite pièce secrète dans la cave. J’ai la trouille, Luc. Tous ces types sont de vrais fêlés.
- De plus, il est fort probable que la police les a déjà à l’oeil !
- Tu rigoles ? Bernard m’a dit que leur groupe comptait beaucoup de flics et de militaires.
- Oh ? Ben, je trouve que t’as raison de vouloir te barrer, il ne mérite pas une somptuosité telle que toi. Ton mari finira par avoir de très gros problèmes.
Nadia atterrit sur mes genoux et interrompt notre conversation :
- Luuuc, fais-moi danser, j’adore ce slow !
- Euuh, je…
Agnes m’adresse un clin d’oeil accompagné d’une mimique plutôt fataliste signifiant "t’en fais pas, vas-y".
- Alleeez, s’impatiente la belle.
- D’accord maaais… tant pis pour toi, je danse très mal !

De piétinements malhabiles en frottis-frottas langoureux, nous finissons par échouer près du divan occupé par Bernard et son copain que j’ai rebaptisé "il duce" dans ma tête malgré l’ignoble moustache hirsute qui orne sa lèvre supérieure.
La bière aidant, il duce a le postillon plus que conquérant – pour le plus grand malheur de ses voisins du moment. Un pauvre jeune homme à l’allure timide a eu le malheur d’aborder le sujet des attentats islamistes un peu partout dans le monde. Aussitôt, notre sac à bière entame un discours des plus décousus sur la question :
- Si la France avait conservé ses frontières souveraines, nous serions bien plus tranquilles. Et maintenant que tous ces terroristes ont envahis villes et campagnes françaises, nos femmes et nos enfants sont leurs otages potentiels. Bien malin qui pourrait dire que tel bou… est terroriste et tel autre non ! La France aux français et que ces salauds aillent faire péter leurs bombes chez eux ! De toute façon, y’a pas de boulot chez nous pour tous les pique-assiettes du monde entier ; et après une première expulsion, s’ils reviennent : pan pan ! C’est ça la solution ! On est trop bon avec eux et puis…
En temps normal, j’aurai haussé les épaules et entraîné ma cavalière vers d’autres lieux plus calmes mais, pour je ne sais quelle raison, une sourde colère monte en moi. J’ai soudain l’irrépressible envie d’éclater la tronche de ce primate, que son sang éclabousse les murs.
- … façon, il est scientifiquement prouvé que ces gens sont inférieurs…
Ma voix tremble du fait de l’intense effort que je suis obligé de fournir pour contrôler la violence qui s’est emparée de moi :
- Pauvre con ! Sous la peau, si mince de ces gens, il y a le même cerveau que le nôtre, la même chair rouge, les mêmes organes ! Par contre, toi et tes semblables, si on vous écorchait, on trouverait de la pourriture verdâtre et puante ! Pourquoi craches-tu sur les terroristes islamistes, d’abord, hein ? Ils sont de ton espèce "extrême-droitiste" !
Un éclair de bonheur sadique illumine brièvement ses petits yeux en boutons de culotte :
- Attention, mesdames et messieurs, le grand artiste parle ! Môssieur l’inutile voudrait nous donner des leçons, à nous les français ! Parce que, comme tout dégénéré, je parierais que ce type a du sang de youpin dans ses veines, hein ?
- Si c’était le cas, j’en serais fier ! Et toi, es-tu bien sûr que tes ancêtres sont tous… aryens, pauvre tache ! Ton arrière grand-mère a peut-être soupiré entre les bras d’un juif ou d’un africain ? Nous sommes tous métissés, tous !
Il se lève en caressant son poing :
- J’attendais cela, mon salaud ! Je vais t’apprendre à respecter tes maîtres !
- Dans tes rêves, dis-je en écartant Nadia.
- Nous sommes puissants, maintenant. Bientôt nous prendrons le pouvoir dans ce pays de moutons bêlants et, crois-moi, à ce moment là, je m’occuperai personnellement de toi !
J’évite aisément le coup qu’il veut me donner. À cet instant, ma haine pour lui atteint son paroxysme, me submerge. Un voile rouge m’aveugle avant cette terrible déchirure – la même que celle ressentie hier soir au "road to 666".
Je tombe à nouveau dans le gouffre infini, me retrouve dans la même cave, face à la femme torturée. Elle gît maintenant sur le sol, dépecée, dans une immense flaque de sang.
Noir qui m’aspire.
…
- Luc, Luc arrête, tu vas le tuer, arrêêête !
Fin brutale de la vision. Je suis à nouveau chez Agnes.
Au bout de mon bras, "il duce" gigote, la face violette, les pieds à 30 cm du sol. Ma main gauche serre son cou jusqu’à l’étouffer.
Tout devient confus ; mes forces m’abandonnent. Je lâche le type qui s’effondre lamentablement sur le sol :
- Hhh’est un fou, un fou ! Il haut le haire enhermer ! Hhhhéloignez-le, crache t-il en se tenant la gorge.
Près de moi, Agnes continue à me secouer en me fixant avec de grands yeux épouvantés :
- Luc, qu’est-ce qui t’arrive ? Tu étais vraiment… effrayant. Je ne t’ai jamais vu ainsi !
L’assemblée entière s’est figée. Chacun me regarde avec stupéfaction. "Il duce", titubant, se dirige vers la porte d’entrée (mais aussi de sortie, bien entendu) :
- Attends un peu, mon salaud, on va revenir à plusieurs pour te régler ton compte. Tu vas crever !
Bernard s’élance à sa poursuite :
- Je m’en occupe, crie t-il avant de disparaître à sa suite.

Agnes tente de rassurer ses invités tandis que je reprends mes esprits dans la cuisine… toujours au milieu des copines surexcitées. Elles commentent ce qui vient de se passer avec des voix aiguës :
- Non mais, t’as vu comment il…
- … d’une seule main en plus…
- … bien fait pour le gros rat…
- … me répugne depuis que je suis arrivée, j’te jure…
Je suis groggy jusque dans mes os. Cette foutue vision continue à hanter mes neurones. Ma main gauche ignorerait-elle ce que fait ma main droite ? Aurais-je une personnalité scindée ? Suis-je un monstre qui s’ignore… Ou un médium ? Ce foutu produit que j’ai inhalé hier aurait peut-être développé des pouvoirs parallèles en moi et je suis en contact mental avec un sérial killer !!
Marion ramène ses 16 ans en émoi sur mes genoux :
- J’adore les mecs qui se castagnent, ça m’excite !
- Et si le primate m’avait fait la tête au carré, tu serais sur ses genoux ?
- Naaan ! C’est toi qui m’excite !

Elle me roule une pelle fouineuse sans préavis. Je rame pour reprendre un peu d’air :
- Marion, t’es adorable, superbe, troublante… mais…
- alors profites-en !
- Tu n’as que 16 ans, merde !
- Et alors ? Tu crois que je t’ai attendu pour…
- Arrête, s’il te plaît !
- Tu bandes, je le sens ! Je t’excite et tu joues…
Margault vient à ma rescousse :
- Marion, fous-lui la paix !
- T’es pas ma mère !
- et c’est heureux pour toi !
- Tu me prends pour une gourde ? J’l’ai remarqué, ton manège ! Ça te plairait, hein, de l’emmener dans…
Agnes rapplique à cet instant et s’énerve illico :
- Marion, laisse-le respirer ! Tires-toi, tu m’énerves et c’est pas le moment.
- Maaaarre, trépigne l’ado en folie qui, cependant, obéit.
Sans plus s’occuper d’elle, Agnes m’entraîne un peu à l’écart :
- Bernard a réussi à le ramener. Ils se sont enfermés dans son bureau avec un bac de bière.
- C’est sensé être une bonne nouvelle ?
- Il allait revenir avec des gros bras pour te démolir, c’est son style.
- Et ?
- Mon charmant époux n’a vraiment pas envie de voir la police débarquer et, peut-être, fouiner. N’oublies pas qu’il y a des armes illégales en bas.
- Tu m’as dit qu’ils avaient fait une cache !
- Oui, mais dans le bureau, il y a toute une panoplie de reliques SS, des revues, des couteaux, tout ça, tu vois ? De quoi aiguiser la curiosité d’un flic plus conscientieux que les autres.
- Charmant !
- Mes invités s’en vont les uns après les autres. Normal ! À leur place, je ferais pareil.
- C’est de ma faute ! Si tu savais combien je suis désolé…
- Arrête de te flageller !
Elle saisit une bouteille de vodka sur la table, s’envoie une goulée phénoménale, réprime un haut le coeur, souffle :
- Je vais me mettre minable, ce soir. Et après… pfuiiit ! Bon vent, les cons ! Tu pourrais pas m’héberger quelques jours ?
- Autant de temps que tu veux, pas de problèmes.
- T’es un ange ! Faut que j’aille m’occuper de mes derniers invités. Tu devrais inviter Margault dans un p’tit coin discret, je sais qu’elle est raide dingue de toi !

La cabane à outils, dans le fond du jardin, n’est pas le meilleur endroit pour entamer une idylle – mais idylle y a t-il (essayez de le répéter 10 fois sans bredouiller) entre Margault et moi ? Les fesses contre l’établi, elle me tripote nerveusement la queue tandis que ma main, trempée, se prélasse, bien au chaud dans sa petite culotte. Elle halète :
- Baise-moi !
- J’ai envie de lécher ta chatte !
- Tu prendras l’apéro plus tard, y’a urgence, risque de combustion spontanée, explosion, help !
Elle chasse ma main et, fébrile, guide mon engin en elle :
- Vas-zyyy ! À fond, sans finesse, défonce-moââ !

J’obtempère, déçu malgré tout de ne pouvoir lamper sa fentine à grands coups de langue :
- Tu ne sais pas ce que tu perds, ma belle furie !
- Ouais, ouais, vous dites tous ça !… P’tain qu’c’est bon, cette grosse queue bouillante ! Elle me remplit, mais alors… totalement ! je meuuurs !
- Et une langue pareille, t’as déjà vu ?
J’exhibe ma frétillante au maximum. Elle écarquille ses lampions, l’incendiaire incendiée :
- Putain de bifteck ! Pas vrai, c’est une fausse !
Je suis obligé de rentrer l’engin pour parler :
- Que nenni, ma belle ! Douze centimètres de bonheur à disposition et, crois-moi, j’ai bien étudié le mode d’emploi !
- T’es un alien, toi, un extraterrestre envoyé pour séduire les terriennes ! T’inquiète, on va essayer cela : j’ai une capacité orgasmique fabuleuse. T’es pas près de sortir de cette cabane, j’te l’dis !
Elle colle sa bouche à la mienne, vorace à souhait. J’oublie tout ce qui n’est pas elle.
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Je suis couché de dos sur l’établi. Margault vient s’arrimer sur ma tronche et la saveur de son con surchauffé envahit immédiatement ma bouche. Doucement, elle commence à osciller au gré du plaisir que je lui procure en feulant par à-coups. Nous faisons l’amour depuis un bon moment sans que je parvienne à me sentir rassasié. Cette saleté de coke doit toujours agir mais, tout compte fait, c’est plutôt heureux parce que cette fille a un sacré tempérament.
Une drôle de sonnerie vient interrompre mon bonheur. Margault m’informe :
- C’est mon portable, continue !
Je l’entends farfouiller dans son sac pour en extraire l’engin perturbateur :
- Oui ?… Francis ?
À moi, tout bas, en masquant le micro :
- c’est mon fiancé, je lui avais demandé de venir me prendre vers deux heures, merdeuu !
Elle reprend la conversation :
- Ben oui, je suis là !… comment ?… t’es devant et personne ne vient t’ouvrir ?… heuu, je me suis endormie dans le jardin alors je ne sais pas trop ce qui se passe dans la maison… oui, j’avais un p’tit coup dans le nez… d’accord, attends, j’arrive !
Oublié, mézigue. Elle s’énerve :
- Ah le con ! Vite, ma culotte… où est ma culotte ! Je me rhabille et toi, tu attends un peu avant de sortir, d’accord ? On se téléphonera demain… demande mon numéro à Agnès.
Elle sort un mouchoir de son sac, m’essuie le museau, y dépose un bisou et s’enfuit.

Lorsque je reviens dans la maison, il n’y a plus personne hormis Bernard et "il duce" endormis dans le divan, complètement cuits. Tous deux ont revêtu un sinistre uniforme noir d’officier SS pour regarder une vidéo noir et blanc sur les camps de concentration.
J’en reste bouche bée. Ces deux là sont de vrais malades.
Sur la pointe des pieds, je me dirige vers le hall d’entrée, à la recherche de mon blouson – sans succès, il ne se trouve pas à la patère. Toujours discret, je grimpe à l’étage et trouve mon vêtement à côté d’Agnes endormie. Elle a enfilé une petite nuisette de soie rose scandaleusement sexy qui ne cache rien de ses belles fesses pleines. En me penchant un peu plus sur elle, je peux constater qu’elle ne porte strictement rien sous ce chatoyant tissu. Mon coeur bat plus vite, plus fort. Dans mon pantalon, popaul se réanime, aussi fringant qu’avant le débat en compagnie de Margault. Ces pulsions sexuelles inextinguibles commencent à m’effrayer sérieusement.

Je m’allonge contre le dos la belle endormie pour déposer une myriade de petits baisers tendres sur la peau fragile de son cou. Elle frissonne, soupire mais ne se réveille pas. Je m’enhardis, caresse ses seins plantureux. Mes baisers remontent vers sa joue, sa bouche qui s’étire en un large sourire paresseux :
- canaille, articule t-elle, mi-langoureuse, mi-endormie.
- Et toi alors ! Tu savais que je viendrais chercher mon blouson, que je te verrais dans cette tenue aguichante en diable…
- oui !
Je la pousse de telle façon qu’elle se trouve étendue sur le ventre puis j’ouvre ma braguette, sors ma queue qui va directement s’encastrer entre ses fesses lorsque je m’étends sur elle. Docile, elle écarte légèrement les cuisses et a cette réflexion surprenante :
- Pas dans le cul, s’il te plaît.
- hein ?
- Ne m’encule pas maintenant. Plus tard, si tu veux.
- Mais… mais… ce n’était pas mon intention !
- Faut que je me prépare avant de me faire enculer, tu comprends ?
- Je te dis que…
C’est alors que je remarque le flacon de lubrifiant sur la table de nuit, bien en vue à côté d’un rouleau de papier absorbant. Je saisis le tube, l’ouvre et injecte une bonne rasade sur son oeillet plissé avant de tartiner copieusement mon sexe que j’amène contre l’entrée du côté pile. Je force un peu pour faire pénétrer le gland. Agnes prend une petite voix plaintive pour dire :
- vous êtes tous les mêmes, vous, les hommes ! Vous ne pensez qu’à enculer les pauvres petites femmes sans défense.

Je la pénètre sans difficulté jusqu’à la garde :
- Dis donc, plus sainte Nitouche, tu meurs !
- Ben, puisque t’es dedans, vas-y maintenant !
- Pourquoi voulais-tu que je te sodomise ?
- Enculer ! Faut dire "enculer". J’adore ce mot, il est tellement obscène, ça m’excite.
- D’accord ! Pourquoi voulais-tu que je t’encules ?
- J’ai toujours refusé ça à l’autre et maintenant tu es en train de m’enculer sur son lit ! On va le maculer, son fameux lit ! C’est ma façon de lui dire adieu.
- Et s’il montait ?
- M’en fous ! Tu sais, tout à l’heure, quand je te racontais que j’avais voulu inviter un autre mec dans notre lit pour une partie à trois et qu’il avait refusé…
- Oui ?
- C’est toi que je voulais inviter. C’est toi que j’ai toujours voulu !
Je m’abstiens de lui dire que moi aussi, je la veux. Plus tard, je lui dirai plus tard.

Le réveil renseigne quatre heures du matin lorsque nous sommes prêts à partir. Je m’empare de la valise d’Agnes et, tel un sioux sur le sentier de la guerre, descend en éclaireur.
Arrivé au rez de chaussée, un détail m’alerte immédiatement : le living est plongé dans la pénombre alors que, deux heures plus tôt, toutes les lampes fonctionnaient. Je pénètre dans la pièce, tous muscles tendus, prêt à réagir.
Pas le moindre bruit en dehors du tic-tac obsédant de la grande horloge murale. Sous mes pieds, le sol devient soudain glissant. Je dérape, cherche à retrouver mon équilibre mais finit par m’étaler, fauchant deux chaises dans la trajectoire, dans un bruit de fin du monde tout en jurant entre mes dents :
- Et merde, merde et re-merde !
Je tente de me relever mais mes mains glissent elles aussi. Alertée par le boucan, Agnes descend en trombe et vient s’étaler près de moi :
- Qu’est-ce que c’est que ça, dit-elle, on dirait qu’on a renversé du savon sur le parquet !
Tant bien que mal, je parviens à agripper le rebord de la table pour me redresser. Toujours dans la pénombre, j’attrape la main d’Agnes et l’aide à se remettre sur ses petons jolis. Prudemment, elle se dirige vers le commutateur, allume et, aussitôt, hurle à s’en péter les poumons.
Le salon est une gigantesque mare de sang dans laquelle nous avons barboté en tombant. Maculés de la tête aux pieds, nous faisons peur à voir.
- Là, là, s’étrangle Agnes en pointant son doigt vers le divan.
Je me tourne vers l’endroit qu’elle m’indique et mes cheveux se dressent sur mon crâne. Bernard et son copain sont toujours assis à la même place que tout à l’heure.
Sauf qu’ils n’ont plus de tête, ni l’un ni l’autre !