Surchargée de travail mais…

Cette semaine me voit encore crouler sous le travail et les obligations.  Je sais que certains rongent leur frein en attendant la suite du feuilleton (tandis que le reste du monde s’en tamponne le coquillard avec application et délectation, je ne dois pas l’oublier si je veux rester objective).
Sitôt rentrée, je m’écroule et Marina doit me prodiguer une assistance respiratoire (du bouche à bouche, oui, et alors ?  La méthode est efficace !) afin que je puisse continuer à travailler tard le soir, à la lueur des chandelles puisque même notre électricité s’épuise en ma compagnie.
Aaah, ces bonnes vieilles chandelles chaudes et lisses…
Bref, je m’égare !
La semaine prochaine semble cependant beaucoup plus calme.  Attendez-vous donc à une petite accélération du rythme de publication dans un futur proche.

En attendant, je vous salue en vous demandant de bien vouloir excuser ce petit contretemps.
C’était un message de "Chevelure-flamboyante-qui-danse-nue-dans-les-campagnes-quand-vient-la-pleine-lune"
Hugh !

Cocaïne 5, le voyage.

Toujours le même préambule : pour ceux qui prendraient le train en route, il suffit de cliquer sur la catégorie "cocaïne, fiction" pour avoir l’ensemble des textes précédents.  J’ai également modifié la numérotation des parties du récit.  L’ancienne étant trop pompeuse à mon goût.

Si la délicieuse main de Noémie ne s’activait pas dans mon futal toscan à triple sécurité, je dirais que je m’emmerde franchement. L’ambiance n’y est pas. Mes quelques invités, guindés, discutent entre eux sans grande conviction. Leurs regards dérapent sans cesse vers cette main menue qui me triture maladroitement. Mal à l’aise mézigue - comme toujours lorsque j’évolue en terrain inconnu.  Parmi ces gens, il y a sans doute quelques fervents adeptes des partouzes, des hommes qui trompent leurs femmes, des femmes qui épuisent leurs amants en des lieux inimaginables mais ils et elles, durant cette soirée, ne bougeront pas, prisonniers de leur situation, de leur rang social qu’ils jugent enviable et qu’un scandale pourrait compromettre définitivement.
Plus tard dans la nuit peut-être, lorsque l’alcool relâchera leur vigilance.

Noémie respire bruyamment à mon oreille, cherchant sans le moindre doute à me faire comprendre qu’elle est très excitée. Je l’admire, cette donzelle : elle joue ses cartes sans pudeur, en bonne opportuniste toutes catégories parce qu’elle n’a rien à perdre – enfin, pas encore.
Je bande, mou j’en conviens, mais je bande.  C’est l’ambiance qui me coupe les moyens.  Un vrai pervers apprécierait hautement de se faire entreprendre popaul par une super nana devant un tel aréopage d’apprentis proctologues du genre humain.  Un vrai pervers apprécierait tout pareil de se faire entreprendre par une splendeur qui se voue à la mécanique des fluides sans états d’âmes, sans y adjoindre le pack standard de "l’amour-toujours-aime-moi-marions-nous-mon-gars" Entre Noémie et moi, il y a une sorte de deal mais pas d’envie réelle.
Sans être prostituée, cette fifille travaille déjà dur, elle cherche à assurer son avenir, ses rêves de gloire. Ses doigts aériens me racontent avec conviction combien elle est prête à faire n’importe quoi pour y parvenir. Elle est belle, le sait et entend bien se forger une destinée à la hauteur de son éphémère splendeur.
Dans 10 ans, elle commencera à se faner.
Sacrée course contre la montre quand on n’a que beauté et jeunesse pour toute richesse. Mon regard s’attarde sur ses traits de jeune fille sage.
Qui oserait la blâmer un seul instant, hein ? 
Ses parents, crédules, doivent sans doute profondément dormir tandis qu’elle me branle, certains que leur fille, perle unique entre toutes, parviendra dans la vie par la seule force de son travail et de son intelligence.
Pourraient-ils imaginer un seul instant qu’ils ont conçu un adorable petit monstre dépourvu de tout sens moral ?
Les autres filles, oui – ces petites jeunettes que monsieur aborde sur le trottoir avant de rentrer bouffer la blanquette de veau dans son "home sweet home"… mais sa fille à lui, jamais !

Ma paume mesure l’humidité prononcée de son entrecuisse.
La belle doit posséder ce penchant lascif qui lui permet d’érotiser l’anormalité de la situation présente et en jouir tout en gardant le cap qu’elle s’est fixé en acceptant l’invitation d’Anke.
Ce carré VIP est le premier pas vers sa destinée. Maintenant, son visage sera inscrit dans la mémoire du cerbère-physionomiste qui garde l’accès à ce sanctuaire pour peoples et autres gens influents – ceux qui pourront l’aider à s’évader de sa condition sociale actuelle.  Désormais, cet homme la laissera entrer avec un petit sourire de connivence.
Je l’embrasse et elle me rend mon lèche-babines sans répugnance. Ce baiser est tout ce qui la sépare de la prostitution. Les putains ont toujours rechigné à embrasser. Embrasser, c’est goûter l’autre, c’est intime, écoeurant ou excitant – la langue est sans doute trop proche du cerveau.
Quoique, parfois, l’écoeurement peut côtoyer l’excitant. La nature humaine est ainsi faite.
Dans sa chambre, il doit y avoir des peluches. Ces peluches, elle les gardera toute sa vie. Tant qu’elles seront là, elle ne se verra pas vieillir.
Je décide tout à coup, sur une impulsion, de faire un pas de plus vers la dépravation totale :

- Sors-la, sors ma queue.
- Là, devant tout le monde ?
- On s’en fout ! Je veux que tu la sortes et que tu la respires, que tu la humes avant de la mettre doucement dans ta bouche, sans te presser ! Le meilleur moment, c’est quand je sentirai la chaleur de ta bouche approcher mon gland… les premières secondes… c’est magique. Je veux voir ta bouche s’approcher doucement pour me gober, m’avaler.
- Et si on allait dans les toilettes pour baiser ?
- Dans les toilettes ? Pourquoi devrais-je te baiser dans les toilettes, dans l’odeur de pisse des autres ? C’est l’idée que tu te fais d’une partie de baise inoubliable ?
- Inoubliable, ça reste à voir. Je suis vite excitée mais je ne jouis pas facilement. Et puis j’ai… j’ai un penchant pour les situations crades…
- Je crois surtout que tu as peur d’ouvrir tes cuisses devant tous ces gens.
- Ils ne m’excitent pas.
- Moi non plus et pourtant il me plairait de te baiser devant eux, figés, tremblants, enflammés mais incapables d’oser un simple geste pour te toucher, profiter de ton corps.  Oui, ça, ça m’enchanterait. Mon côté exhibitionniste sans doute.

Exit l’hétaïre admirable.  Son côté Mimi la geignarde reprend le dessus :

- Et moi, je ne veux pas qu’ils me touchent. Ils sont vieux et gris.  (un temps) Un vieux laid, vraiment laid m’exciterait peut-être mais pas eux. Ils sont nuls.

Autant pour moi.  Tout compte fait, cette greluche a de la ressource.

- Pourtant, regarde-moi, je suis vieux !
- Pas encore… et tu es beau ! Tu me plais. J’aime ton odeur.

Parler ne l’empêche pas de déboutonner mon pantalon pour m’en extraire le mandrin. Autour de nous, quelques exclamations étouffées saluent le geste. Le banquier sur la droite ne peut détacher son regard de mon pieu qui roule mollement sous les caresses.  Noémie se penche et dépose de petits baisers sur mes couilles avant de remonter doucement vers le gland en pressant ses lèvres humides le long de l’urètre. Elle ouvre grand la bouche lorsque de joyeuses exclamations venues de l’entrée suspendent son geste.

Ces satanées jumelles, encore elles, font une entrée en fanfare. Frustré, je les maudis illico et pour l’éternité.
Elles ont troqué – dieu sait où, leurs tenues grunge au profit de vagues uniformes qu’on pourrait imaginer portés par d’indécentes petites collégiennes précocement dévergondées : chemisier blanc largement déboutonné, micro-jupe écossaise plissée, socquettes blanches et bottillons noirs.
Autour de leur cou, un fin lacet de cuir noir supporte une lettre sertie de brillants – S pour Sadie et L pour Lizzie.
L m’apostrophe joyeusement :

- Ben dis donc, l’artiste, c’est ainsi que tu t’occupes de tes invités ! Ce n’est pas bien de les faire baver en étalant ta bonne fortune, pas vrai Sadie ?
- Je veux ! Heureusement que nous sommes là !  (à la cantonnade) C’est notre anniversaire aujourd’hui et nous ne voulons pas voir une seule triste figure autour de nous donc poudre d’extase pour tout le monde !

De son sac d’écolière satanique, elle extirpe, outre une quantité impressionnante de sucettes multicolores, une pleine poignée de petits sachets plats qu’elle jette sur la table.
Montrant l’exemple, elle en ouvre un d’où s’écoule une pincée de poudre blanche qu’elle transforme aussitôt en deux fines lignes identiques. Elle roule ensuite un billet de 500 euros qu’elle se met dans le nez pour aspirer la coke. 
Rayonnante, elle s’ébroue :

- Rhaaaou ! De la pareille, mes amis, vous n’en trouverez nulle part ailleurs. Profitez-en, c’est notre tournée !

Sadie s’installe tout contre moi. Toujours ce sourire démoniaque lorsqu’elle incite Noémie :

- Vas-y, mignonne, ne sois pas timide. Cette coke est une pure merveille. Je te la prépare, tu m’en diras des nouvelles !

Je ne sais trop quelle attitude adopter lorsque je m’aperçois, ébahi, que mes invités ne se font pas prier pour puiser dans le tas de sachets. Sadie jubile :

- Oui, c’est ça, prenez, servez-vous. Un rail de coke, ça ne se refuse jamais !

Noémie vient d’aspirer sa dose sans hésiter. Immédiatement, ses somptueux yeux sombres brillent d’un éclat insoutenable. Elle feule :

- Géniaaaal !

Sans transition, la voilà qui glisse le long de mon corps, s’agenouille entre mes jambes et me prend dans sa bouche, me happe, me tète littéralement. Sa langue pointue agace ma hampe, devient fourreau palpitant pour mieux m’extorquer quelques râles de bonheur.
Lizzie s’assoit sur la table, face à moi, ses jambes de part et d’autre de mon corps, écartées en une pose délibérément obscène.
La garce ne porte pas de culotte. J’ai une vue imprenable sur sa fente soigneusement épilée. Elle ricane, s’ouvrant encore plus :

- Elle est pas belle, la vie, chéri-chéri ? Je vais te préparer deux p’tits rails, à toi aussi, histoire que tu te lâches un peu. T’es trop guindé, mon beau !
- Sans façon, merci !

Son regard se fait mauvais :

- Dis donc, tu ne voudrais pas nous vexer, hein ? Je ne t’ai pas demandé si tu en voulais !

Sous la table, Noémie, à grands renforts de borborygmes, parvient à m’engloutir jusqu’à la garde tandis que Lizzie me présente les rails dans une petite soucoupe accompagnés du billet de banque toujours soigneusement roulé :

- La coke n’est bonne que lorsqu’on l’aspire au travers d’un bon gros billet bien décadent. (Autoritaire) : sniffe !!

Je m’exécute. Après tout, ce n’est pas la première fois. Je ne vais pas en mourir.
L’effet est fulgurant. Je comprends de suite que cette coke n’est pas "normale". Une sorte de flash dément illumine ma tronche de l’intérieur avant de se répandre dans tout mon corps en paillettes de lumière pure. Les milliers d’odeurs alentour assaillent mon sens olfactif. L’air, soudain luxurieux, caresse ma peau, tourne autour de ma hampe sur laquelle salive toujours mon amante d’un soir.
J’entends même la salive autour de mon gland malgré la sono tonitruante.
Sadie et Lizzie m’observent, gourmandes.  La lumière tourne en moi, finit par se concentrer dans mes reins, gonflant ma queue à l’extrême.  J’ai soudain la certitude que je ne débanderai jamais plus. Je peux ressentir le sang qui afflue vers les corps caverneux de ma flamberge.
Le désir, un désir vorace, incontrôlable, époustouflant, définitif, me submerge.
Je suis fort, je suis… Dieu !

Autour de moi, certains invités copulent déjà à tout va, debout ou couchés à même le sol. Une blonde couine sous les coups de boutoir du banquier alors qu’une charmante brune, venue d’on ne sait où, bave de bonheur, secouant la tête comme une folle en délire pendant qu’un chauve la gamahuche avec avidité. Le PDG d’une grande usine régionale se fait sodomiser par ce petit minet qu’il venait de nous présenter peu de temps auparavant comme étant son neveu.
Les vêtements volent en tous sens, les corps se mêlent sans parti pris d’âge, de race, de beauté… ou de sexe.
Les femmes embrassent les femmes, les hommes embrassent les hommes.

Au milieu de cet enfer de volupté, les jumelles rient aux éclats.

Je jouis une première fois, à longs jets, dans la bouche de Noémie. Cette jouissance, loin de me calmer, me fouette les sangs. Je la soulève, la couche sur la table et la pénètre brutalement. Son ventre est bouillant, liquide, gourmand. Elle m’agrippe, me tire à elle, verrouille ses jambes autour de mon bassin en s’égosillant :

- Bourre, mais bourre donc, mon salaud ! Ah, la bonne queue, bien épaisse, bien chaude, bien dure ! Elle me remonte jusqu’à la gorge !

Fébrilement, je la dénude tandis qu’un chafouin petit bonhomme cherche à loger la virgule qui lui sert de sexe dans sa bouche.
Les soeurs, de plus en plus hilares, dansent maintenant sur la table au son de "I want your sex" de G. Michael.
Je pétris les plantureuses fesses de ma jeune partenaire à pleines mains.

Tout est bien,
je suis bien !

Ma sève monte à l’assaut de son ovule lunaire… lorsque, tout à coup, je me déchire en deux.
Sans douleur, sans saignements.
Délivré de la chair, mon esprit s’évade et plonge dans le gouffre infini, plus obscur que l’âme d’un politicien, qui m’entoure.  Durant cette chute, je traverse fugitivement quelques décors cauchemardesques qui me glacent les sangs.

Inexplicablement, "j’atterris" au centre d’une grande cave voûtée, sinistre. J’avance d’un pas sûr. Dans ma main gauche, il y a un rasoir.
Une forme humaine se précise peu à peu dans la pénombre. C’est une femme, nue, enchaînée, écartelée, suspendue à un mètre du sol.  Deux torches à la flamme bleutée l’éclairent faiblement.
Son visage est tuméfié ; son corps semble avoir subi plusieurs traitements atroces si j’en juge par les effroyables marques dont il est couvert. M’entendant venir, la femme relève péniblement la tête.
Je m’entends dire : "Voici le temps venu. Tes souffrances vont bientôt cesser. Es-tu contente ?" Ma main tenant le rasoir se lève, s’approche de sa poitrine et, d’un coup, d’un seul, fend son sein droit. La lame rebondit sur les côtes.
Je voudrais hurler son effroi.

Rideau.
Noir, bien entendu.

À nouveau ce gouffre qui, cette fois, m’aspire vers le haut.
Je suis revenu dans le carré VIP, étendu sur la banquette. Les soeurs sont penchées sur moi, inquiètes. Un autre amant m’a remplacé dans le ventre de Noémie.
Je balbutie :

- Où… suis-je ?
- Ben, au "road to 666"
, me répond Sadie, perplexe.
- Je… j’ai eu une vision ! Une vision horrible !

Frustrée, elle ?

J’ai, je le crains (Et je m’en excuse : mum si tu m’entend pardonne à ta fifille ses pulsions incontrôlables), toutes les caractéristiques de la frustrée en manque total de frissons provoqués par l’action de deux corps l’un contre l’autre (deux ou plus, je suis pas restrictive chacun ses goûts)…

- Est-ce grave, docteur ? 
- Ecoutez, les symptômes sont les suivant :
 
1)       Imagine que la vie des autres est plus remplie que la sienne ( Socialement, culturellement, sexuellement…).
2)       Imagine des histoires en tous genres (principalement sexuelles, bien entendu) pour meubler l’existence de ses copines ; ce qui lui permet de se lamenter sur sa propre vie.
3)       Seule dans son lit, se met en scène dans des histoires scabreuses, totalement indécentes, accrochée à l’ours en peluche de sa prime enfance ( Pas de commentaires de mauvais goût, s’il vous plait ! C’est un site sérieux ici ! Enfin je crois… enfin… ça pouvait l’être avant cette note).
4)       Se désespère à temps plein. (Mais pas encore sous Prozac)
5)       Se regarde 40 fois par jour dans son miroir pour comprendre où est le problème, si problème il y a.
6)       Tente de maîtriser ses pulsions envers les visiteurs masculins, voisins plus ou moins de son âge et autres ex petits amis de passage. (Sage ! Reste assise sur tes mains)
7)       Use la batterie de son portable à vérifier et re-vérifier s’il y a bien du réseau, s’il est bien allumé, si tout fonctionne. ( Pas de message !)
8)       Maudit son portable. (Toujours pas de message !)
9)       Erre comme une âme en peine sur MSN pour trouver des personnes à ennuyer, pour tenter de leur soutirer une invitation quelconque. (et la refuser aussi sec, genre "je suis surbookée".)
10)   Maudit encore et toujours son portable. (on est beaucoup trop accros à ces nouvelles technologies)
11)   Se lamente et finit par éteindre ce salaud de portable pour le punir. (Na !)
 
- Aïe, ça semble grave, en effet !
- Vient ensuite le désespoir, vautour immonde, avec ses cohortes de gâteaux-consolation. Vade Retro !  Elle ne succombera pas !  Pas tout de suite !
- Mais de quoi a t-elle le plus besoin, cette petite, à la fin ?
- Il y a le manque de cul (c’est pas la fin du monde mais quand même), le manque de vie sociale (principalement), le manque de tendresse (surtout)…
- Heureusement, elle ne manque pas d’amitiés.
- C’est déjà ça !  
- Question existentielle : Qu’est-ce qui cloche pour qu’elle n’arrive pas à se laisser porter par l’air du temps? (pluvieux, le temps, en ce moment) 
- Bah, trop de questions pour trop peu de réponses
 
- Regardez, elle replonge sous ses couvertures, dans son monde.

Oui, il fait plus beau dans mon imaginaire.

Cocaïne 4, tous en boîte

Tout d’abord, je rappelle, pour ceux qui prendraient l’histoire en cours et qui ne comprendraient rien, que ceci est une fiction.  Pour en lire la totalité sans chercher, il suffit de cliquer dans la colonne de droite sur : "cocaïne – fiction" pour obtenir le texte dans son intégralité (en commençant par le bas, of course).  J’écris en mode "feuilleton-blog", ce qui veut dire que ce texte, normalement, est la matière première qui serait la base d’un texte abouti si je décidais de le travailler en vue d’une parution.  Si tel était le cas, il devrait "reposer" deux à trois mois avant que je revienne dessus pour lui donner sa forme définitive – et je n’ai pas le temps, bien entendu, de vous faire patienter trois mois.  Soyez donc indulgents, je vous le demande et vous en remercie d’avance
Certains (nes) réclament du texte plus "chaud".  J’écris dans une certaine gradation.  Si je ponds un texte de 600 pages avec des descriptions cliniques à n’en plus finir, je ne ferais rien d’autre que du porno bas de gamme, lassant.  Ecrire "vrai" et chaud n’est pas aussi facile qu’on pourrait le croire.  Patience, ça vient !!!
Enfin, je peux annoncer à ceux et celles qui se posaient des questions que ma Jul’s tendresse-amour va re-poster d’ici peu.  Non, elle n’est pas en Papouasie et je profite de cette petite digression pour l’embrasser.

Toutes deux me regardent sans ciller, serrées l’une contre l’autre de trois quart face. Regard de prédatrices à l’affût.
Quel âge peuvent-elles avoir ? 18 ? 20 ans, pas plus.
In petto, je me traite d’imbécile mais un long frisson s’attarde, s’entête le long de ma colonne vertébrale, tel un avertissement muet venu du plus profond de mon inconscient. Comme si elles lisaient dans mes pensées, les voilà qui me sourient.
Putain de sourire. Leurs petites dents blanches scintillent d’inquiétante façon. Inexplicablement, je commence à bander.
Ne dit-on pas que le pendu, au moment de rendre l’âme…
Je cherche Anke des yeux afin d’obtenir quelques renseignements sur ces superbes créatures ; ne voit qu’Agnès penchée sur un petit gamin qui pleure en réclamant sa maman.
Je m’approche :

- Arrête de torturer les enfants !
- Ses parents sont dans le bureau avec Anke. Il n’arrête pas de beugler, ce môme. Tu parles d’un bonheur !
- Dis donc, tu sais quelque chose sur les soeurs jumelles qui viennent d’arriver ?
- Tu parles… hum… des deux ravissantes… qui sont JUSTE derrière toi ?

Je tourne la tête et me trouve à quelque cinquante centimètres de leur sourire énigmatique. Celle de gauche attrape deux flûtes de champagne sur un plateau qui passait par là incognito. Elle en tend une à sa soeur. Toutes deux avalent à la cosaque, d’un trait, puis tendent les verres à sainte Agnès en un mouvement identique. C’est celle de droite qui parle la première :

- Allez donc nous en chercher d’autres et prenez ce gnard sous votre bras ou tuez-le mais qu’on ne l’entende plus !

Elles s’approchent de moi jusqu’à me toucher. L’une :

- Bonsoir monsieur l’artiste ! Alors, on se renseigne en douce ?

L’autre :

- Et on bande en nous lorgnant ?

Je rougis comme une pucelle tandis que ma queue s’allonge dans mon futal, ajoutant à ma gêne.

- Bel organe, faut dire, reprend l’autre en la regardant sans le moindre émoi, encore faut-il savoir s’en servir… mais il paraît que vous savez y faire. Eh bien, posez donc vos questions ! Que désirez-vous savoir ?
- Euuh…

Ces deux jeunes garces me bloquent. Je dois ressembler à un poisson rouge hors de l’eau depuis 10 minutes.
Miss A me prend le bras :

- Je m’appelle Lizzie et voici ma soeur Sadie mais nos prénoms ne te serviront à rien, Luc Messonnier, vu que nous sommes parfaitement identiques ! Nous sommes ici pour toi et rien que pour toi, mon chéri.
- Ah ?
- Oui
, continue Lizzie en effleurant distraitement la bosse formée par mon sexe du dos de la main. Bientôt, tu ne pourras plus te passer de nous, tu verras. Tu parais mal à l’aise ! Sont-ce les regards de tous ces ploucs autour de nous parce que je te touche ?

Elle empoigne franchement mon tube, le masse en douceur :

- Allons, ressaisis-toi ! Ils n’ont aucune importance, ces gens ; juste des politiques, des cadres supérieurs, des petits banquiers… des toutous qu’on appelle d’un simple claquement de doigt. Nous te ferons connaître les vrais décideurs, tu verras. Nous t’introduirons dans la chambre de leurs filles, de leurs gamins, de leurs femmes ! Qu’est-ce qu’on va se marrer !
- Mais qui êtes-vous !
- Sadie et Lizzie, voyons ! Nous sommes des striges !
- Des quoi ?
- Des striges ! Des démones vampires ! Nous tuons les hommes après leur avoir fait connaître absolument tous les délices sexuels. Lilith est notre reine et notre mère ! Papa était un obscur forgeron du XIV ème siècle. Obscur mais fameusement musclé, avec une grooosse queue comme la tienne !
- Oui, nous recherchons les mâles bien montés. C’est incontournable pour notre plaisir !

Je commence à transpirer sérieusement. Des folles, je suis tombé sur des folles ! Et l’autre qui ne cesse de me branler en public. Je retire sa main :

- Arrêtez-ça, bon sang ! Qui êtes-vous ? Si vous voulez juste dévaliser le buffet, allez-y mais arrêtez ce mauvais cinéma !

Pour toute réponse, elle s’esclaffent, se renvoient la réplique :

- Son buffet…
- il croit qu’on en veut à son buffet de merde…
- qu’on est des pique-assiettes…
- de minables pique-assiettes, nous !
- des pauvres !
- il est décevant, ce petit artiste, tout compte fait…
- oui, il se fie aux apparences…
- à nos vêtements…
- notre look grunge, to-ta-le-ment déplacé en ce lieu raffiné !

Leurs rires, abruptement, cessent. Elles me fixent, à nouveau inquiétantes :

- Le prix de ces fringues, abruti, vaut deux mois de salaire d’un juge à la cour suprême des USA !
- Tu t’es vu, toi, en torero d’opérette ?
- Ceci était notre première leçon, Lukas !
- Ne jamais se fier aux apparences, Lukas !

Elles s’en vont, me laissant seul avec ce prénom venu d’une autre vie et qui résonne de façon intolérable dans ma tête.
Agnès me rejoint :

- Ça va ? Qu’est-ce qu’elles t’ont dit, tu es tout pâle !
- Mais qui sont ces filles, hein ?
- Sais pas ! Elles se sont présentées avec des invitations en bonne et due forme. Le type de l’entrée dit qu’elles sont descendues d’une limousine six portes et que le chauffeur, une triple armoire à glace, les attendait sans dire un mot près de la porte.

Le "Road to 666" est un camouflet à la logique commerciale.  Situé à la lisière d’un site industriel désaffecté, cet ancien entrepôt hâtivement repeint en blanc est l’endroit incontournable du moment, non seulement fréquenté par la jeunesse dorée "Auteuil-Neuilly-Passy" mais aussi par les plus grandes stars planétaires de passage en région parisienne.
La Dion quitte Las Vegas pour souffler un peu et paf ! On la voit au "Road to 666" ! Tu me dirais bien comment elle a trouvé cet endroit pourri, direct, la sirène du Titanic ? Elton se dispute le jeudi avec son julot et il rapplique au 666 le vendredi. Mick Jaegger, Travolta, Bellucci, Karembeu, Madona, Brad Pitt, Jean Reno… pareil !
Lorsque nous arrivons, il y a une file d’attente longue d’une bonne trentaine de mètres sans compter tous ceux qui n’ont aucun espoir d’entrer mais qui glandent de l’autre côté de la route en buvant de l’alcool, assis sur les capots des voitures – tout simplement parce qu’il faut être là.
Un peu à l’écart, quelques paparazzis espèrent le cliché de la semaine. Les portiers-videurs reconnaissent Anke et lui adressent un sourire. Ces trois là, il vaut mieux les avoir dans son carnet d’adresse à la rubrique "copains". Ils portent tous une fine cote de maille sous leur veste. Anke m’apprend que c’est une protection contre les coups de couteau. La jeunesse dorée aime parfois jouer de la lame comme les authentiques voyous des cités à risques, celles que certains élus voudraient nettoyer au karcher. La porte s’ouvre pour livrer passage à une blonde style vamp accompagnée d’une grande plante auburn à la poitrine avantageuse. Aussitôt, les photographes s’agglutinent tandis qu’on avance la voiture de ces dames.
Je demande :

- Qui est-ce ?

Anke me dévisage, surprise par mon ignorance "jet-settienne" :

- La blonde, c’est Paris Hilton ; l’autre, c’est une actrice de séries américaines mais je ne me souviens plus de son nom. Pas de chance pour toi, elles s’en vont ! Les paparazzis espèrent sans doute que Paris ne porte pas de culotte, comme d’habitude.
- c’est aussi une actrice ?
- Disons plutôt qu’elle… passe le temps. Entrons, je crois que tous nos invités sont là.

Une dizaine de couples, légitimes ou non, nous accompagnent dans cette virée snobinarde. L’entrée du carré VIP est distincte de l’entrée principale. Dans la file, une adorable brunette que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam m’envoie des regards langoureux sans se préoccuper du petit ami qui lui tient la main. Anke ricane en observant le manège :

- Pour entrer dans le VIP, certaines seraient capable de n’importe quoi. Appelle-la, elle te sucera sous la table sans renâcler !
- Oh ?
- On parie ?
- Et son mec ?
- Quoi ! Tu veux sodomiser son petit mignon pendant qu’elle…
- Mais non, enfin !
- Je ne rigole pas, ça se pratique souvent dans les recoins sombres.
- Charmant, moi qui me croyait complètement dépravé, j’ai encore du chemin à faire !

Un petit bout de couloir mène à une sorte de grand monte charge sans parois recouvert d’une moquette pourpre qui nous hisse tous, en un seul voyage, vers le saint des saints.
Je suis déçu, d’abord parce que je ne reconnais aucune grande vedette, ensuite parce que cet endroit – quoique richement décoré, me paraît plutôt commun. J’imaginais quelque chose de plus… délirant, plus kitsch. Assez vaste – 20 mètres sur 30 environ, le carré VIP possède son bar et sa propre piste de danse. Le long des murs, une enfilade de petites alcôves, sombres à souhait, permettent d’accueillir huit ou dix personnes. Cette partie de la boîte domine de trois bons mètres la partie "tout venant", l’arène.

 Je m’approche de la balustrade et découvre des centaines de jeunes qui se secouent, mollement mais en cadence, sur une musique assourdissante. Bon nombre d’entre eux jettent de fréquents regards vers nous.

- Installons-nous ici, hurle un banquier au visage austère accompagné d’une barbie blonde aussi belle qu’insipide.
- Nous serions mieux vers le fond, bougonne Anke. Qu’en pense notre artiste ?

Je hausse les épaules pour signifier mon indifférence sur le sujet. Agnès n’est pas venue avec nous. J’aurais voulu danser avec elle, la serrer, humer sa peau. Cette fille commence à m’obséder sérieusement.
- Les danseuses sont sacrément bien roulées, vocifère un de nos invités à mon oreille.
- Hein ?

Du doigt, il désigne six cages suspendues assez près de la toiture et qui accueillent une fille chacune, presque nue.  Le plancher de ces cages est fait d’une matière transparente qui permet de lorgner sous leurs micro-jupes. Le type me grimace un sourire qui se voudrait de connivence et qui le rendrait encore plus antipathique si cela était possible :

- Mais c’est vrai que vous, artistes, vous devez être blasé en ce qui concerne la nudité, non ?
- Bof, si vous le dites !

Le visage d’Anke vient tout contre le mien :

- Luc, je voulais te présenter Noémie.

Je me retourne et reconnaît immédiatement la superbe brune qui me faisait des oeillades énamourées. Cette dernière me fixe en se dandinant d’un pied sur l’autre. Son sourire hésite entre timidité et provocation.

- N’hésite pas à mentir, te vanter, inventer, murmure encore Anke. Il n’en faut vraiment pas beaucoup pour que cette magnifique dinde tombe, rôtie à point, dans ton assiette. Elle te trouve superbe alors profites-en !
- Et son copain ?
- Parti fââché, le pauvre,
ironise t-elle cruellement. J’ai dit que tu avais remarqué sa grande beauté, que tu voulais la rencontrer… elle et uniquement elle. Cette charmante enfant n’a pas hésité une seule seconde. Ils se sont enguirlandés vite et bien. Il est parti et elle m’a suivie en frétillant du popotin. (À la fille) Prenez place, Noémie. Je vous présente Luc Messonnier, artiste de renommée internationale, coqueluche de la jet-set !

Sous un parfum trop sucré, je crois deviner l’odeur enivrante de son petit sexe dodu. Ma queue se réveille, demande à être présentée.
Bon sang, c’est vrai qu’elle est magnifique.
C’est vrai que j’ai besoin de faire l’amour avec elle et tant pis pour son Julot. Assise contre moi, penchée vers moi, elle babille déjà ses rêves de gloire people en mode lecture rapide :

- … Voudrait travailler à la télévision, être présentatrice d’émissions… fait du chant, j’apprends la comédie aux cours M… trois heures de fitness par jour… vous connaissez des vedettes, des gens de la télé ? Je vous ai vu dans des émissions… chez machin peut-être, non ?

Elle a un regard vif et intelligent mais elle est déjà en train de vendre son corps et son âme en contrepartie d’une vague promesse de ma part… jusqu’ici informulée.
Le banquier, par l’odeur alléché, s’immisce dans la conversation :

- Moi, je connais personnellement Guillaume Durand…
- Ho, Dugland ! Tu retournes près de ta Barbie et tu nous lâches, vu ?

S’il insiste, je lui colle une mandale. Prudent, le gars fait machine arrière, outré par tant de grossièreté.
Je replonge sur ma belle et commence à lui mentir de façon industrielle :

- …connais du monde, je pourrais vous… pourrions nous revoir… accepteriez de poser pour moi ?
- Nue ?
- J’aimerais bien, oui. Vous avez un physique parfait. Cela vous pose un problème ? C’est de l’art, pas du porno…

Je m’écoute parler et je me trouve minable. Ma conduite est minable, mes mots sont minables. Elle va me planter là et partir, c’est couru d’avance. Je saisis délicatement sa main et la baise. Il faut bien commencer par quelque part comme disait je ne sais plus qui. Elle pose sa main sur ma cuisse et rencontre mon gourdin, dur comme du bois. Sans s’émouvoir, elle tend ses lèvres vers les miennes. Nos bouches font connaissance. Sa langue m’explore, d’abord avec une certaine timidité puis de plus en plus hardiment, voracement.
Entre deux baisers, elle halète à mon oreille :

- J’ai envie !
- … (?)
- J’ai envie de te prendre dans ma bouche, j’ai envie de te sucer maintenant… mets ta main, touche moi ! Je mouille pour toi, tu es beauuu !

Impossible de faire plus direct. Mes doigts s’égarent sous sa jupe pour vérifier ses dires.
Quelques mètres plus bas, dans l’arène, accoudées au comptoir, Sadie et Lizzie me sourient en sirotant une boisson compliquée. Elles m’envoient un baiser volant avant de tendre le poing vers moi, pouce levé !
Qu’elles aillent au diable ! J’aspire la salive que Noémie injecte dans ma bouche.
Je n’ai pas un sexe : je suis un sexe !

Cultivons-nous un peu grâce au JT

Bien sûr qu’ils nous emmerdent, les Journaux Télévisés, avec leurs infos qui sont toutes les mêmes.
Bien sûr qu’ils nous emmerdent, les Journaux Télévisés, avec leur faux scandale des huîtres du Bassin d’Arcachon, chaque jour, depuis des semaines.

Mais je leur reconnais un mérite.
Grâce à eux, désormais, toute la France connaît le mot OSTREICULTEUR.

NB: précisions pour les non-français qui hélas ne sont pas aware.

 Page 7 of 60  « First  ... « 5  6  7  8  9 » ...  Last »