Retour à Naples !

Petite évocation de notre semaine passée.

 

Chez les grands parents de Marina, c’est la campagne !

Attention, quand je dis : la campagne, c’est VRAIMENT LA campagne :  les chemins de terre et de caillasse, les poules, des vaches, une biquette, du fumier, le petit (et vieux) tracteur, tout quoi !

Et les oliviers, j’oubliais !

 

Vous connaissez la région du Lazio ?  Oui ?

Alors, vous connaissez certainement la province de Rieti, dans le Lazio !

Et la commune de Pescorocchiano ?

Oui ?

Ben, c’est encore un peu plus loin, du côté de « coinperdu » !

 

Heureusement que le cousin Luigi nous attendait à l’arrêt du car sinon j’vous dis pas le calvaire avec nos valises.

 

Pas d’internet, bien entendu.  Seule concession aux temps modernes : une télé – très certainement plus âgée que moi, dans un coin de la cuisine.

Ici, tout le monde vit dans la cuisine, ou dehors.

Des gens plutôt rudes, tout droit sortis d’un roman de Giono – version italienne.

 

Trois générations sous le même toit, ça fait du monde.  D’entrée, je fus séduite par Giuseppe, le grand père, 71 ans, belle moustache poivre et (beaucoup de) sel pour accompagner une belle tignasse blanche, une peau cuite par le soleil et des rides joyeuses au coin des yeux.  Chaque fois qu’il nous regarde, l’aïeul, il a l’air de se marrer en douce et forcément, je me marre aussi.

71 balais et il semble plus alerte que son fils, Vittorio, le père de Marina.

Flavia, la grand-mère, petite bonne femme silencieuse, séchée sur pied, nous montre notre chambre.

Enfin… quand je dis notre chambre ! 

Nous sommes logées au grenier : le plancher brut, les murs de pierre chaulée, la charpente, les tuiles par dessus les toiles d’araignées… qui remplissent la fonction d’isolant thermique (c’est du moins ce que je suppose) !

 

Nous avons droit au lit, donc nous sommes privilégiées par rapport aux deux petites cousines qui occupaient déjà l’endroit mais qui devront désormais se contenter de matelas pneumatiques.

Le lit est ancien et confortable quoique assez étroit. 

 

Température durant la journée : 30 / 34° !

Le soleil qui recuit les tuiles !

Pour toute aération : une minuscule fenêtre !

 

‘voyez c’que j’veux dire ?

Le soir, tu montes avec un seau d’eau, que tu jettes sur les tuiles, et tu te retrouves dans un bain turc en parfait état de marche.

Sans oublier les deux gamines qui causent entre elles jusqu’à pas d’heure.

 

Premier soir, je dégouline de partout. 

À Marina :

- Tu peux me dire ce que j’ai fait à ta famille pour qu’elle désire me tuer avec autant de raffinement ?

Elle, tout aussi trempée de la tête aux pieds :

- C’est encore pire que dans mes souvenirs.  Je peux te dire un truc certain : on va pas prendre le temps de moisir ici !  Même pas la semaine complète, comme c’était prévu !

 

Mais non, je ne me plains pas : je vous explique juste pourquoi nous sommes restées si peu de temps.

Hormis ces petits inconvénients, je dois avouer que la région est absolument – incontestablement – définitivement… divinement magnifique.

S’il n’y avait pas le « four nocturne », j’aurais volontiers insisté pour rester.

 

Lundi matin, nous descendons au village. 

Je voudrais téléphoner à maman et à Michael pour savoir si tout va bien au pays. 

Un téléphone public avale mes pièces en rafales. 

Maman est toute joyeuse de nous entendre. 

 

Je prépare une autre série de pièces pour Michael :

- Michael, ça va ?

- Heureux de t’entendre, j’ai envoyé un mail à Francesca mais elle ne savait pas comment vous joindre !

- Ben non, y’a pas le téléphone où nous sommes !  Qu’est-ce qui se passe ?

- Claude ne peut pas aller à Florence comme prévu.  Raisons professionnelles, m’a-t-il dit.  Tu saurais l’appeler ?

- C’est une blague ?

- Ah, je ne crois pas, non !  T’es priée de ne pas tuer le porteur de mauvaise nouvelle, j’y peux rien, moi !

- Un voyage prévu depuis des mois !!!

- … désolé pour vous !  Je l’ai vu avant-hier… il était avec la blonde… Leslie, je crois ; tu vois qui c’est ?  et le mari… ou l’amant, va savoir.  Ils étaient tous beurrés.

- Leslie ?  Celle de la boîte à partouzes ?  Celle qui est venue au resto, un soir, avec nous ?

- Oui !  J’aime pas trop cette bonne femme, ni son mari d’ailleurs.  Depuis qu’il les fréquente, Claude semble plus… distant.

 

Le temps d’expliquer la situation à Marina et j’essaie de joindre Claude chez lui.  Son répondeur m’informe qu’il est en vacances et non joignable.  Je compose le numéro de son établissement. 

 

C’est Richard, un des garçons qui me répond :

- Claude ? Non, pas vu aujourd’hui, ni hier.  Je sais qu’il doit partir dans le sud de la France jeudi mais à part ça… Je dois lui dire quelque chose ?

 

J′ai le sentiment d’un coup fourré.  Cette attitude ne correspond pas au Claude que je connais. 

 

Aussi étrange que cela paraisse, je reste plutôt calme :

- Tu lui diras que nous avons bien reçu son message et que nous n’irons pas à Florence.  De toute façon, les réservations de l’hôtel étaient à son nom et je suppose qu’il a fait le nécessaire.

 

Marina paraît aussi intriguée que moi :

- Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?  Heureusement que je n’ai pas envoyé d’argent pour ma propre réservation !  On rentre à Liège ?

- Et si on retournait chez Francesca, à Naples ?  Elle aurait voulu que nous restions plus longtemps, non ?

- Bonne idée !  Je lui téléphone !

 

La réponse de Francesca tient en quelques mots aussi joyeux que concis : « Oh oui ! ritornate cosi rapidamente possibile ! »

C’est pas plus compliqué, les gonzesses, comme disait un humoriste vieillissant dans un de ses sketches.

Il était écrit que nos premières vacances communes seraient napolitaines.

 

========================================

 

Nous sommes arrivées hier soir.

Retrouvailles démonstratives, comme si nous ne nous étions plus vues depuis des années.

 

Francesca a dissipé mes derniers regrets :

- Je ne voulais pas « enlever ta joie » mais Florence aux mois de juillet et août, tu n’aurais rien vu sauf des milliers de touristes, en troupeau !  Si tu peux te libérer fin septembre, octobre, je t’arrange le séjour : j’ai de la famille là-bas !

- Ça marche !

 

Tu veux que je te dise ?

J’me sens VRAIMENT heureuse !

10 réactions à “ Retour à Naples !”

  1. ohpizob dit :

    CONTENT:
    j′veux des vacaaaaaaaaaaaaaances!t′as vraiment de la chance!Profites!

  2. Anonyme dit :

    CONTENT:
    bon plan: Florence en juillet, pas glop, pas glop! Sinon, je ne connais du Lazio que Rome, comme 99% des étrangers qui s′y rendent…Bonnes vacances.

  3. Anonyme dit :

    CONTENT:
    J′écris , j′écris!!! J′espère que les paysages italiens dessinent devant tes yeux de jolies aquarelles… Bisous!

  4. Melie dit :

    CONTENT:
    Et bien voilà un bon entrainement à ta future vie à la campagne Julie ! Moi aussi je suis allée me perdre dans la campagne, mais bretonne, avec vaches qui s′expriment à deux heures du mat′, coq à sept heures, moutons et tutti quanti (pour faire local), c′est destabilisant quand on s′efforce d′être une vraie citadine depuis 25 ans hein ? )

  5. madrilene dit :

    CONTENT:
    Euh je m′excuse je sais que ca n′a rien à voir avec le billet campagnard plus haut, mais le site d′Anne Archet ne répond plus (archet.net renvoit même un message inquiétant de revente je ne sais trop quoi), quelqu′un(e) en sait-il un peu plus ?Merci des infos

  6. Anonyme dit :

    CONTENT:
    Tiens, Madrilène, tu vis toujours ?Tu viens juste comme je me connecte. Et qu′est-ce que tu me racontes là avec ta revente !!! Le message dit : « ce compte a été suspendu parce que, soit le domaine a été surutilisé, soit le revendeur a manqué de ressources ! ». Je suppose qu′il s′agit d′un tracas technique passager.Mélie > Notre campagne à nous disposera quand même de tout le confort moderne, rien à voir avec ce parcourt de la combattante transalpine.Lulie > C′est un régal, je ne peux pas mieux dire.Mister X > effectivement. En y repensant, nous avions déjà vécu ce problème lors du carnaval de Venise.Ohpizob > T′as pas de vacances, toi ?

  7. madrilene dit :

    CONTENT:
    ouije vistoujours :-)(des fois je suis déconnectée, des fois)The reseller, c′est bien le revendeur ? si c′est pas une histoire de revente c′est peut etre un probleme technique mais c′est bizarre d′employer « reseller », je sais pas moi y z′auraient pu mettre « host »…Anna Archet si vous nous entendez faites nous signe pour nous expliquer la désintégration de votre site !A propos des oiseaux à la campagne, y a un aphorisme de Cioran mais je me souviens plus trop comment il est fagotté mais qui dit que lorsque l′on aura atteint le fond du désespoir on entendra roter les rossignols enfin c′est pas tout a fait ca :-))J′espere que dans le lazio y zont mis un silencieux sur le canon du desespoir ! De toute façon vu le mercure les rossignol sont tous « cuit cuit » ;-)

  8. madrilene dit :

    CONTENT:
    rossignol-s sont tous « cuits cuits »maudit orthogreffe

  9. madrilene dit :

    CONTENT:
    Ah ben nom d′une pipe c′est réparé Archet remarche !

  10. ralphy dit :

    CONTENT:
    Décidément, je comprends que Marina ait quitté sa ferme familiale… Mais comment donc a-t-elle attéri à Liège ?… Par ailleurs, on dirait bien que la famille ne se soit pas préoccupé de vos rapports, vous installant d′emblé dans le même lit ! Après cela, Marina pourra toujours prétendre que c′est bien sa famille qui l′aura poussée dans tes bras ! ;-)Pour ce qui est de Claude, on dirait qu′il s′est préparé un plan à trois… sans vous deux ! Quel gâchis ! ;-)Ravi de te relire de nouveau !ralphy | Blogs sexe