SEXE, BLONDE ET CONFIDENCES.
PREMIERE PARTIE.
Je pousse la porte, ponctuant mon arrivée d’un : « coucou mon amour, c’est moââ ! ». Pub utile vu que Marina se matérialise immédiatement à mes côtés. Son beau visage méditerranéen trahit un agacement très mal contrôlé. Elle parle bas, à mon oreille :
- La blondasse est encore là !
- La blon… ah oui ! Kate, c’est ça ?
Demande de précision superflue : la seule blonde à venir chez nous est Kate. Nous recevons très peu de gens, ne concevant notre bonheur que bien à l’abri au sein du cocon intime formé par les murs de l’appartement et loin de toutes mondanités. Voici quelques semaines, Michael nous présentait cette fille, universitaire aussi, qui cherchait à en savoir plus sur le phénomène des blogs, ceci afin d’alimenter son mémoire de fin d’études.
Je lui conseillai d’abord de lire beaucoup de blogs, sans chercher à l’orienter vers mes préférences propres et, bien entendu, elle lut le mien.
S’ensuivirent plusieurs séances de questions-réponses. Immanquablement, nous commencions par des généralités pour, au fil des heures, évoluer vers des considérations plus personnelles. Ces séances irritèrent assez vite Marina. Ma chérie accepte volontiers que j’approche des hommes mais se montre féroce envers les autres filles, surtout lorsqu’elles sont magnifiques - ce qui est le cas de Kate.
Elle n’est guère plus grande que moi (entendez par là : 1m 60 dans le meilleur des cas), mince, très bien proportionnée, toujours habillée avec recherche. Force m’est cependant d’avouer que tout doit certainement lui aller, du tailleur le plus raffiné au jeans le plus informe.
Tout de suite, je l’ai appelée (en dehors de sa présence) la petite tsarine.
Parce que je trouve qu′elle a la tête d′une tsarine.
Imaginez un casque de cheveux mi-longs impeccables, une frange qui s’arrête de justesse à la hauteur de ses yeux clairs dont la vivacité est toujours tempérée par une sorte de froideur hautaine. Un petit nez fin et droit, des pommettes hautes, larges, généreuses, une bouche ourlée – ni trop épaisse ni trop fine…
A bien y réfléchir, sa beauté trop parfaite serait ennuyeuse s’il n’y avait ce petit air de mépris naturel, affiché en permanence, jusque dans ses sourires (à peu près) chaleureux et qui donne envie « d’y revenir », de savoir ce qu’il y a derrière.
Je suis persuadée qu’elle avait cette moue aux premières minutes de sa naissance.
Tout comme je suis persuadée que les hommes doivent se battre sans merci pour un simple regard d’elle.
Mais Marina se trompe : je ne serai jamais amoureuse de Kate et je n’ai pas la moindre envie de coucher avec elle.
Nulle n’est plus belle que mon italienne d’amour.
Que je serre tendrement contre moi.
Je l’embrasse, respire l’odeur de ses cheveux :
- Allons, ne fais pas ta tête des mauvais jours ! Qu’est-ce qu’elle veut encore ?
- Elle avait juste envie de nous voir, à ce qu’il paraît ! Tu parles ! Je te préviens…
- Chhhhhtt !… Tu sais que tu m’excites, toi, quand tu es jalouse !
- Je ne suis pas jalouse !!!
- Hééééé ! C’est toi que j’aime, et rien que toi ! Toujours plus, toujours plus fort !
Son regard sonde le mien, à la recherche sans doute d’une quelconque légèreté malvenue qui contredirait mes mots.
Je sais qu’elle ne verra rien de tel parce que je suis sincère.
Elle se détend imperceptiblement :
- Oui, d’accord, je suis un peu jalouse… mais il y a des moments où on dirait qu’elle va te sauter dessus quand tu parles… je suis pas conne ni parano ! Je connais cet air là !
Beaucoup de gens sont irrités par la jalousie. D’habitude, c’est mon cas aussi, sauf pour elle : je me sens fière d’être aimée ainsi.
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- Kate !! Comment vas-tu ?
- Julie ! (on pourrait presque la croire étonnée de me rencontrer chez moi) Bien, merci, et toi ?
Elle vient à ma rencontre, me fait une bise plus cordiale qu’à son habitude. Dans mon dos, une lionne gronde dangereusement.
- Mais… on ne peut mieux, maintenant que les examens sont finis ! Quééssqui nous vaut le plaisir de ta visite ?
…
Perso, elle ne me dérange pas, cette nana, mais je ne la sens pas vraiment non plus. Avec 20 cm de plus, elle serait sans doute mannequin vedette ; une superbe baudruche longiligne, sans la moindre parcelle d’âme. Je l’imagine aussi très bien en parfaite Barbie mariée, pondant offrant de merveilleux mômes à un merveilleux Ken aussi lisse et aussi beau qu’elle, dans une merveilleuse maison, avec un merveilleux jardin – et un couple de clandestins cubains pour s’occuper de toutes les tâches ingrates.
À sa sortie d’université, elle tiendra un bout de papier dans la main, qui attestera de sa connaissance en matière de communications et lui ouvrira sans aucun doute les portes d’une quelconque société prestigieuse où elle exercera son art avec toute la chaleur d’un logiciel haut de gamme.
– …qui ne va pas, Julie ?
– Hein ? Tout va bien, je t’écoutais !
Elle nous regarde à tour de rôle :
- Je vous dérange, peut-être ; vous aviez autre chose à faire et…
Là voilà qui minaude maintenant. Cela ne lui ressemble pourtant pas du tout. Je la perçois moins à l’aise que d’habitude, ce qui m’intrigue. Kate appartient à cette race de gens qui considèrent vous faire un honneur incommensurable par le simple fait de leur présence. Or, les seules personnes capables de m’impressionner le font par leur intelligence ou leur gentillesse.
Elle est peut-être intelligente mais certainement pas gentille.
Je lui vote un bref sourire :
- Non, non ! Rien d’autre que le farniente.
- Ah ! Tant mieux alors !
- J’me prendrais bien un ‘tit apéro, moi ! Tu veux quelque chose ? (Marina ne lui a visiblement rien proposé depuis son arrivée)
- Un J&B glace ; je vois que tu en as.
Nouvel étonnement de ma part. Jusqu’à présent, elle n’avait jamais rien accepté d’autre que de l’eau – plate et à température ambiante. La picole (et donc la perte de contrôle) ne lui ressemble guère.
Je lui sers une dose spéciale Gargantua, histoire de la décoincer un peu.
Sa première gorgée ravit l’observatrice que je suis.
En bonne néophyte, elle avale une large rasade, grimace, change un peu de couleur, cherche sa respiration, déglutit à vide, souffle, reprend de l’air – tout ça avec un sourire de plus en plus incertain, limite ravagé. Je ne suis pas loin de croire qu’elle n’a JAMAIS bu d’alcool pur.
Marina la considère avec autant de curiosité que moi, troquant sa jalousie morose contre un étonnement franc et massif.
Une conclusion s’impose à nous : Kate n’est pas dans son état normal.
Du coup, j’éprouve un regain d’intérêt :
- Je devrais te retourner ta question de tout à l’heure : quelque chose ne va pas ?
- Quoi ? Ah non, tout va bien… peut-être même trop bien ! Enfin, d’un certain point de vue… pourquoi ?
- Bah ! Laisse tomber. C’était une impression, juste une impression. Tu lis encore des blogs ?
- Plus pour l’instant. Je m’accorde un bon mois et demi de repos, loin de l’unif, de mon mémoire, des recherches !
- Tu dis cela comme si cette lecture t’était pénible !
- J’ai surtout peur de mettre le doigt dans l’engrenage !
- Envie d’écrire ?
- Je ne crois pas être capable de me livrer ainsi, et en même temps j’en ai envie ! Manque de temps. Bref, je me tâte mais ça ne serait certainement pas pour tout de suite.
Marina retourne dans la cuisine afin de terminer la préparation de sa délicieuse pasta fresca. Elle a décidé de me faire goûter ses ravioles au poisson et à l’aneth.
Bonjour la patience pour farcir les petits carrés de pâte.
Kate en profite pour me chuchoter :
- J’ai l’impression que Marina ne m’aime pas trop ! Je lui ai fait quelque chose ?
- Pas que je sache, elle est simplement un peu jalouse. Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, nous formons un couple lesbien !
- Oh ! Je ne voudrais pas être une source de problèmes entre vous. Je n’ai jamais…
- T’en fais pas ; simplement, tu es une très belle fille et elle se montre un peu plus… vigilante ?
- J’avais juste envie de parler un peu. Cela n’était peut-être pas une bonne idée de…
Ma chérie réapparaît dans l’encadrement de la porte :
- Kate, tu manges avec nous ? J’ai encore fait trop, comme d’habitude ! Même à trois, on n’en viendra pas à bout.
L’invitation prend visiblement la blonde au dépourvu :
- je ne sais pas si… c’est très gentil… d’accord, oui !
- Va bene ! Julie, tu veux bien me dire où tu as mis la petite roulette dentelée, celle pour couper la pâte ?
Je la rejoins dans la cuisine :
- Qu’est-ce qui t’arrive ? Tu vas l’empoisonner ?
- Mais non ! Elle n’est pas comme d’habitude ; je suis curieuse de savoir ce qui lui arrive. Pas toi ?
- Si ! Alors, on lance l’offensive du charme ? Le style «détends-toi mon enfant et raconte-moi tout » ?
- Hé, ho ! Pas trop appuyée, l’offensive !
- Elle vient de se fiancer. Pourvu que ça ne soit pas le bête doute habituel face à l’engagement. Si c’est ça, je m’endors après trois minutes !
- Tu préfèrerais qu’elle ait dépecé son promis ?
- Hé hé !
- Sadique !
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La suite!!!
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… vendredi après-midi, le temps, le beau temps d′ailleurs file vers le week-end, dernières heures à tuer avant que le corps ne s′échappe de ses 35h (si courtes et si longues), l′esprit s′est déjà échappé… lectures sur la toile. Et voici la prose cette Julie qui fait parfois sourire lorsque l′on pense qu′elle est une enfant à la verve en ébullition, alimentée par les contrastes de sa vie encore courte mais riche, cette Julie qui surprend aussi lorsque par ses analyses, ses pertinences et ses mots choisis. Il y aussi cette Marina, dont le personnage est filtré par les yeux d′une jeune amoureuse : quasiment insaisissable pour un homme. Et aujourd′hui (re)voici Kate… Première partie… le lecteur bouillonne des scénarii… il lui faudra sans doute attendre le retour de ses propres aventures de fin de semaine pour soulager ses turpitudes.Bonnes écritures chère Julie.Aurel (également un enfant)
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cruelle !(je vais le dire a ma maman!!!)
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Tu nous prépares la saga de l′été 2005 ? ;-)
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Hé ben elle va être contente de lire ça, la blondasse! BisouPru
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si ca se trouve dans la fiction elle (Kate) était toute chose (pas chaude hein!) parce qu′elle avait lu ce que Julie venait de publier sur son blog mdr
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P&M > j′me tâte !Aurel > C′est du propre ! Un môme qui lit des choses ainsi ! Zou, au lit !Madri > Et pi on va dire que la fille se fait enlever par les martiens qui lui font plein de choses avec leurs trompettes à gland et même que… C′EST FINI, OUAIS !Ralphy > Yes mon gars, et avec musique d′enfer : « C′eeest le bordee-e-eel ! » (sur l′air de « sous le soleil »). MP3 sur demande.Prunelle > C′est pas moi qui l′ai dit !!! Et puis nous nous sommes rattrapées sur la fin.
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Et dire que cette chère Julie hésitait à me parler sur MSN Messenger pour ne pas se retrouver publiée sur mon blog ! ;-)
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te tate pas trop et fait débarquer les martiens rapidos, sinon … (ben j′ai pas encore trouvé …)
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Décidement, p′tite Julie, tu as un don certain pour l′étude des caractères et la gestion du suspens
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A quand la deuxiemme partie???vite j′espere mais prends ton temps quand meme, il y a plus important que ce troupeau de lecteur qui s′agglutine devant ton ′(si beau) blog.
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Quelle torture que de devoir parler à deux belles créatures attentionnées et curieuses sur fond de whisky et de ravioles italiennes…Même Florence serait jalouse.)Ah au fait Julie, ce que je préfère dans ce post c′est le fait que tu portes intérêt à l′intelligence et la gentillesse. Crois-le ou non même lorsqu′il y a du glauque, de la provoc ou autre on sent cette vérité dite si spontanément dans tes notes. Et on se dit qu′au fond ce blog est le signe d′un bel équilibre mental, de quelqu′un de sain en déplaise aux mauvaises langues. D′ailleurs mieux vaut une bonne langue. Un tiens vaut mieux…)
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C′est trop cool ici.
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Hé hé, je vois que toi aussi tu commences à te lancer dans l′art de la communication Julie, en te livrant au jeu de faire saliver tes lecteurs de l′impatience de la suite…Ravie de voir que tes examens sont passés, on revit après, hein ?
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En effet, Melie, Julie semble découvrir les joies des clifhangers, ou fins d′épisodes à suspense, très chers à Lost, la nouvelle série de l′été de TF1…
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Voilà bien longtemps que je suis venue te lire, j′ai pas mal de retard à rattraper, tu écris toujours aussi bien.bises