Triffouilli-les-oies ! Cinq minutes d’arrêt !
Je n’ai pas pu résister :
ce midi, j’emprunte l’auto de maman, charge Marina à son boulot, et nous allons voir l’endroit qui abritera bientôt nos amours.
Parce que, vers la fin août, nous déménageons ! (Qui a dit : encore !)
Des ouvriers sont en train d’installer leurs outils pour une remise à neuf dans les grandes longueurs / largeurs / hauteurs.
Les braves zélectriciens ont déjà fait leur boulot : je pourrais me sécher les cheveux dans mon bain avec la radio qui beugle sur une étagère branlante (pas de remarques svp), juste au dessus de la baignoire, et le toaster en service sous la douche (comment ça, c’est pas sa place ? Je grille mes tartines où je veux, noooon mais !).
Pas de danger, il dit le monsieur : c’est étudié pour !
M’sieur plombier achève de coller copier des tubes, serrer des boulons, mettre des joints, régler le super mélangeur bipolaire à transmutation gluptienne qui donnera une eau toujours à température idéale pour nos peaux de pétasses de staaaars !
Bref !
C’est beau, tous ces hommes au boulot !
Quoique,
comme partout, y’a des râleurs !
Nous tentons pourtant de nous faire toutes petites :
- Pardon m’sieur ; bonjour m’sieur ; désolée, m’sieur ; faire gaffe à ?… au gold quoi ? goldban ? C’est quoi ce truc ? Ah, c’est pour nous refaire des murs tout neufs ! Et l’autre là, pourquoi il arrache les portes fenêtres ? C’est dans le devis… va mettre des nouvelles ? Ah bon ! Mais ouaiiiiis, on s’tire ! Pfff !
Rectification :
C’est tout rien que des machos, dans le bâtiment, tiens !
Ce qui ne les empêche pas de siffler comme des vieilles locos en perdition.
(Si tu b… comme tu siffles, mon gars, sûr que tu dois être cocu !)
Avec ma chérie, nous nous évacuons vers la terrasse.
THE terrasse !
Hollywoodienne !
L’esplanade !
La piste d’atterrissage du 380 ! (ouais, bon : là j’exagère un chouia mais bon, hein ! Rien à voir avec les 4 m2 de la ville !)
Main dans la main, nous avançons jusqu’à la balustrade, et là !
Là !
Toute la campagne de mon enfance s’offre à notre regard ébloui,
belle, riche, majestueuse !
Paisible,
Intemporelle.
Marina : « Porca miseria ! è il paradiso ! »
Moi : « glub (le normal, livré en kit), glub (pianissimo), glub (la mineur) glub (do dièse) glu-ub (forte mais dissonnant)… »
- Hyperventilation pour imprimer un stock d’odeurs dans mes neurones ; me griller les rétines au soleil d’un juin exceptionnel -
Sur le chemin, tout en bas, m’sieur fermier des temps modernes passe dans son giga tracteur de compèt’ (ben oui, rien n’est farpaitement parfait).
Et je SAIS, tout au fond de moi, que je suis née pour vivre ici !
Définitivement.
Loin de la ville surpeuplée, saturée de bruits, d’odeurs nauséabondes, de violence,
de lieux communs.
Bien sûr, tous les jours, nous devrons utiliser une auto pour le boulot et l’unif, pester (serrer les fesses, surtout) en hiver sur les routes verglacées, nous lever plus tôt, rentrer plus tard, faire 5 kms pour la moindre victuaille, 8 kms pour le bureau de poste le plus proche, supporter l’épandage de lisier (deux fois l’an si ma mémoire est bonne) « aux bons soins » de monsieur super farmer (non, sa femme ne s’appelle pas… ) etc.

Toutes ces petites joies simples de la campagne !
(Soupir)
Moi : toujours partante ?
Marina : dans l’heure ! En mode camping même, si tu veux, à attendre qu’ils aient fini de rénover !
Tout compte fait, ça valait peut-être le coup d’avoir connu des galères mortelles durant presque deux ans.
Sans cela, me sentirais-je aussi heureuse ?
Je ne peux, malgré tout, m’empêcher de penser que le bonheur… ça se paie.
La ferme, Julie !
Ne plus penser, juste vivre et ressentir le moment présent !
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Il y a quelques années, je visitais un bureau à louer pour ma société. « Vous n′êtes que trois ? Vous faites des jeux vidéo ? Je pense que j′ai quelque chose de tout à fait atypique pour vous ! » nous annonçait en vainqueur l′agent immobilier.Le bureau est une pièce unique de 50 m2 avec trois murs vitrés orientés Est, Sud, Ouest. Cette pièce surplombe le dernier étage de l′immeuble, quelques sept étages, l′un des plus grands de la ville : on voit tout.Oui, vous avez bien vu « surplombe le dernier étage de l′immeuble », car ce bureau étrange se trouve sur le toit de l′immeuble. La surface totale de chaque niveau étant de 400 m2, le bureau dispose de… près de 340 m2 ! On peut y organiser un tournois de tennis ! Je m′imagine déjà en train de regarder un orage d′été sur le toit du monde… euh… de la ville…« Il n′y a que cette porte-fenêtre ? Les autres vitres ne s′ouvrent pas ? Il n′y a pas de climatisation ? L′ascenceur s′arrête à l′étage du dessous ? Ah, les toilettes sont en dessous aussi, au seins des locaux de l′autre entreprise. Aucun débarras d′aucune sorte oû ranger quelques cartons ?…Finalement, on ne l′avait pas pris, mais alors, qu′est-ce que ça aurait été bon… La classe !
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Ohh la maison de mes rêves ! La
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Ca laisse rêveuse…Aurons nous droit à une photo du paysage, pour pouvoir nous prélasser nous aussi devant une telle splendeur?Bisous et félicitations (une lectrice qui lit toujours mais ne commente jamais…:p)
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Félicitations !!! ça va vous faire plein de place pour vous divertir ;P
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C′est drôle ça, tu rêve d′un ailleurs qui me fait frissonner de peur. D′un isolement que je fuis de toute la force de ma petite volonté de travail…Comme quoi…
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Trop classe! Liberte, espace, amours ds les champs, odeur de terre mouillee apres l orage (aparte : il fait super chaud la…)Que demande le peuple? plaisir mérité (ou pas d ailleurs). Enjoy(ps : je ne vais pas ts les comment dire merci, mais sache que l existence meme de ces comment sur tes notes le transmettent. Ca y est…je recommence a faire ma gentille)
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Ralphy > Nooon ! Tu n′installeras pas des bureaux sur notre belle nouvelle terrasse !!!Amande > Tu ne crois pas si bien dire ! C′est tellement beau, surtout avec ce soleil resplendissant ! Et la ville n′est qu′à une grosse quinzaine de kms : pas la mer à boire, quoi.Lulie > Bah, te tracasse pas : moi aussi, je vais lire chez beaucoup de monde sans laisser de coms (j′ai une liste de blogs dans mes favs′ internet explorer, et tu es dedans). Pour les photos, faut d′abord racheter un appareil, mais on y pense, on y pense.Morti > Oui, même que nous pourrons reprendre les meubles de Marina au garde meuble pour les installer aussi. Le rêve !Mélie > Tu vois, je n′ai jamais aimé la ville, et je l′aime de moins en moins.Je suis viscéralement attachée à cette région, elle fait partie de moi, de mes tripes. Ensuite, la campagne, le calme, la solitude, sont faits pour favoriser l′avenir auquel je me destine. Je suis, dès à présent, certaine que ce déménagement va accélérer toute une série de changements en moi.Mais faut pas confondre non plus : ce n′est pas une cabane perdue au fond des bois, nous avons des voisins !Softness > Bah, ce n′est pas si mal, parfois, d′être gentille, non ? Et c′est effectivement tout ça que je veux retrouver, avec de longues ballades… et le silence ! Pas de sirènes de police ou d′ambulances toutes les 5 minutes, qui te rappellent que le drame est omniprésent dans une ville.La ville me tue plus sûrement qu′un cancer en fait.
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et le silence oui tout a fait d accord, ou la mise en sourdine de certains bruits, pour en apprecier d autres. Pour se ressourcer. Chacun de nous est un exilé quelque part, de la campagne qu il a quitté, de la ville qu il a fui, du pays qu il a délaissé. Des racines qu il a déplacé. Peut etre pour meiux les retrouver. :-)
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Julie, Marina et toi vous allez fonder une congrégation rurale comme saint François d′Assise en Ombrie ? c′est qui fera la mere supérieure ?un peu de sain-teté dans la damnation ca fait toujours du bien, ca donne comme qui dirait un coup de fouet ;-)
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Merciiiiiiiii! =)J′vais avoir les chevilles qui enflent… :pBisous!!ps: plus sérieusement, des appareils photos numériques, y′en a des pas chers et très bien…. Vite vite!!! Une photo!! :D
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Alors en effet, tu as trouvé la maison de mes rêves Bonne continuation !
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« Back to the roots » quoi …A quand l′élevage de lamas ?!? Adichats, M′zelle