Trois jours !
Trois jours après, j’en frissonne encore.
Ses mains sur moi,
lui en moi.
La sueur qui colle nos deux corps.
Du lit, je vois la fenêtre, voilée de rideaux roses qui filtrent la lumière du soleil. Ambiance tamisée.
Il a chaud.
Le poids de son corps sur le mien m’est de peu d’importance ; la chaleur qu’il irradie, elle, m’étouffe.
Son visage est tendu. (Pourquoi, mon amour ? Est-ce si désagréable pour toi ? Souris au moins ! Montre-moi que tu apprécies !)
Je détourne la tête.
Autant essayer d’arracher un sourire à une pierre. Mon regard vadrouille vers mes peluches entassées par terre, qui me regardent.
Pitié ?
Colère ?
Dans leurs prunelles en boutons, je cherche un peu de courage.
Tiens, une larme sur ma joue !
Vite, l’essuyer avant qu’il ne la voie.
L’oreiller vient à mon secours.
Donc :
Le plafond est blanc !
je dois me concentrer sur le plafond.
Blanc.
Blanc comment ? Blanc cassé, blanc sale, blanc-blanc ?
Quelle heure peut-il bien être ? Midi ? Treize heure ?
Je n’ose pas tourner la tête vers le réveil.
Ce lit ressemble à un champs de bataille et, encore une fois, la perdante… c’est moi !
J’ai l’impression d’être écartelée vive, brûlée de l’intérieur. Je n’en peux plus des frottements de son sexe dans le mien.
Je n’en peux plus de lui en moi !
Cette lame rougie qui fouille mes entrailles, qui me donne la nausée.
Un air de déjà vu ? je sais !
Pourtant, celui là n’est pas l’autre, le premier.
Celui-là ne me quittera pas à la nuit venue pour mieux me plaquer le lendemain. Non.
Mais celui-là, en sachant pertinemment que je ne prenais pas la pilule, s’est permis d’omettre le couvre chef de son soldat.
Une fois, deux fois, trois fois, cent fois…
Je ne compte plus ses aller-retour.
Je n’arrive même pas à m’échapper comme avant. Non, cette fois-ci la réalité me retiens, bien plaquée sur le lit, pour m’apprendre toutes les douleurs de la souffrance consentie.
J’ai mal, oui.
Pourtant il n’y a pas de quoi pleurer ou s’apitoyer.
J’aurais pu dire « non » ou « arrête ».
Mais c’est hors de mes capacités, dès le moment où il décide que je ne suis rien d’autre qu’une poupée.
Il ne parle pas, moi non plus d’ailleurs.
Fin du première acte.
Lundi, j’ai avoué mes petits soucis à "mon ange".
« Pilule du lendemain ou pas ? »
Oui, non, Je ne sais pas.
J’ai eu mal toute la journée ! Penser à ne plus penser à ça,
ni à la prochaine fois.
Enfin… pour le moment.
Je me perds dans une avalanche de Si. Un abîme s’ouvre sous mes pieds.
Et si… et si… et si ?
Et si rien du tout ?
Je me sens perdue.
Juste pour vivre à fond ma minable petite tragédie : si je laissais passer les trois jours fatidiques après lesquels la pilule du lendemain est inefficace.
Une forme d’égoïsme, pour pouvoir dire un jour : « moi, tu sais, j’ai vécu des trucs difficiles dans ma jeunesse… »
Et si , et si ?
Fin du deuxième acte.
Mardi, le tram.
Les portes s’ouvrent, se ferment, tout comme les choix de la vie ouvrent et ferment des chemins, des avenirs possibles…
J’ai mis un terme à mes SI…
pour la modique somme de 7 euros 60 !
J’aurais tendance à dire : « bon choix »
Joli texte.
la pilule est dure à avaler ….
7 euro 60 de pénétration à géométie variable en SI majeur, c’est un embryon de souvenir de perdu !
Cela me colle la gerbe, désolé
sheepyr > désolé c’était pas le but.
Je sais je sais, mais qu’elle violence !!
trash ton histoire
limite à me mettre la gerbe aussi…
C’est bien écrit
alors prends soin de toi
bordel!
"J’aurais pu dire « non » ou « arrête »"tu l’as dis toi mêmebon choix cependant