Troubles
- Je suis au bord… peux plus tenir !
Lui sur moi, étendue sur le ventre, à la paresseuse, entrouvrant, juste ce qu′il faut, mes cuisses pour lui permettre de se loger.
Je m′affole :
- Non ! Ne bouge plus alors, ou ralentis, ou pense à autre chose, sais pas moi ! Je veux que ça dure encore…
Je sens une pointe d′énervement dans sa voix :
- Tu ne veux pas jouir, on dirait !
- Pas toujours une finalité… l′orgasme. Pour moi, l′important, c′est aussi pendant ! Un état de bonheur, heureuse… toujours trop bref. (un temps) Qu′est-ce que vous ressentez, vous, les hommes quand vous jouissez ? C′est comment ?
- Heu… c′est bien le moment ?
- Oui, je voudrais savoir…
Son rythme se calme. Il ralentit son allure et mes sensations s′affinent. Je peux pleinement goûter ce va et vient qui m′emplit puis me délaisse pour mieux revenir. Je suis à vif mais têtue, partagée entre sensualité et curiosité :
- Alors ?
- Eeeeh, alors, alors ! C′est bon, là ! C′est Bon ! Délicieux, puissant…
- T′en tireras pas ainsi : c′est comment ? Décris quoi !
- Le mieux, c′est quand… c′est difficile à expliquer, zut à la fin, puis j′suis pas trop en état pour trouver les mots. Et toi, hein ? Dis-moi un peu, toi !
- Ca dépend du contexte… si je suis amoureuse ou pas, si l′homme a eu assez d′intuition… très cérébral en fait. Je peux jouir comme un brasier, tout le corps participe, y′a pas une cellule au repos… mon corps explose… comme une lumière ! Mais ça, c′est les jours de gloire, une fois au bout de… pfuiii !
- Et pour l′instant ?
Il me serre de ses bras durs, mains sur mes seins, le visage enfoui dans mon cou. Son bassin frémit, le geste redevient plus incisif, plus puissant. Mon corps répond avant ma tête, mélange les mots dans ma bouche. Mon coeur bat de bonheur pur. Mes neurones, affolés impriment des lettres de feu derrière mes yeux : "il te prend ! Il te prend !". Mon plaisir monte dangereusement :
- Douuux, m… , fais durer. C′est du plaisir que tu veux ou un soulagement !
- Laisse aller !
- Non ! Réponds à ma question !
Il s′active, m′ébranle de sa rage amoureuse :
- Trop tard ! Non retour !
Il frise la brutalité - trop de désir expulsé, me couve, couvre, serre, aime. Je savoure chaque tressaillement, chaque spasme, dans un état second, femelle. La jouissance me prend au dépourvu, en quelques secondes. Un pic vertigineux, éblouissant, suivi d′un décrescendo partiel. Toujours sous tension. Je le sens mollir, satisfait.
Comment lui expliquer que, maintenant, je suis prête au plaisir.
CLIC !
Poisse d′enregistreur vieux modèle. Il m′en faut vraiment un tout neuf, auto reverse et tout. Il se redresse, aux abois :
- C′est quoi, ce bruit ?
- Bruit ? Quel bruit ? Rien entendu !
- Ah ? J′aurais cru pourtant.
OUF !
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