Un, deux, trois…
Je pousse laborieusement la porte qui s’exécute avec un grincement sinistre. Dehors il y a le soleil, des oiseaux qui chantent, de l’herbe qui appelle à la sieste. En face de moi il y a des ténèbres et… un nuage de poussière.
Personne n’est venu depuis des mois et ça se ressent. Je pousse un peu plus la porte, le soleil me précède et entre à grands flots.
Quelques pas à l’intérieur.
Ça sent le renfermer, les vieilles affaires, la poussière, l’absence.
Aux murs il y a des photos, une rousse qui sourit à l’objectif avec un air mutin entouré de deux autres jeunes filles. Des sourires, des visages. Un tourbillon de vie figé en plein mouvement qui moisi lentement sur ces murs sombres.
Trois pas de plus et je me retrouve au centre. Il y a des fauteuils, des étagères, des tapis et des tentures jetées à même le sol. De la poussière, de la poussière et toujours de la poussière. Une araignée passe en courant sur ses pattes de danseuse. Sur les murs, en dehors des photos, il y a des textes. Avec des écritures différentes. Des pattes de mouches, des tâches d’encre, l’empreinte d’une main.
Sur une petite table il y a un tas de papier, des mots d’amoureux, des mots d’amants, ceux de lecteurs, ou d‘amis.
Sur la porte il y a une pancarte que je n’avais pas vue en entrant :
Les Saintes Chéries.
Je crois que je suis rentrée à la maison.