Une petite douleur…
Il est difficile de se soumettre volontairement à la douleur (sauf cas particulier), mais quand celle-ci est pressentie comme obligatoire et difficilement contournable on ne peut que s’y soumettre. Evidemment, attendre aurait permis qu’une telle douleur soit évitée mais la patience est difficile à exiger d’un jeune homme quand tout ses sens ont été éveillés.
Une première fois, une première douleur.
Je vais m’employer à la décrire aussi précisément que possible : tout les muscles resserrés et tendus pour ne pas laisser entrer l’intrus. Contre eux, contre cette peur de souffrir, la volonté et le désir de possession de l’autre, l’envie de ne pas le décevoir.
La sueur, les corps brûlants, l’un sur l’autre. Envie de descendre tout doucement, mais les mains sur les hanches forcent la rapidité de la chute, malgré mes mains sur ses épaules pour freiner, malgré les muscles crispés.
Il se fraye un chemin, une brûlure qui remonte le long des reins, la sueur qui remonte d’un coup, s’empaler est le mot qui s’est inscrit brutalement en même temps que la douleur s’est installée. L’envie de se retirer immédiatement mais toujours ses mains sur les hanches, alors les doigts se crispent, les dents se serrent, et le visage devient grimace de douleur que la nuit masque.
A chaques coups de reins, plus ou moins puissant, la brûlure s’avive ; la crispation est toujours là. Envie de rejeter "ça", de donner des coups dans la source de la douleur. Mais encore une fois, la volonté et le désir de satisfaire l’autre sont là et s’y opposent.
La position change. Mes jambes remontent autour de son cou, il s’enfonce plus profondément, au rythme de son plaisir. Son corps se tend. Les coups.
Sa respiration s’accélère.
Suivre le mouvement empêche la douleur de se propager plus encore. Le ventre est en feu, les reins moites de sueur, l’épuisement musculaire n’est pas loin.
Quand mon ventre prend des allure de champs de bataille, j’ai l’impression de m’ouvrir. La "petite blessure" de la femme prend des allures de plaie béante dans mon esprit. Je me suis demandée si un viol est aussi douloureux. J’ai trouvé une réponse : la différence est qu’un viol n’est pas consenti. D’un côté, une certaine fierté de le voir prendre un plaisir dans lequel, pourtant, je ne suis pas incluse.
Simple objet de jouissance.
Il ne faut pas dire qu’il n’a pas eu d’égards, ce serait faux.
Mais on ne peut pas dire non plus qu’il se soit demandé ce que je pouvais éprouver. Je revois mes ongles, enfoncés dans ses bras pour ralentir, ma voix se perdant en ses essoufflements, qui lui demande d’aller plus doucement.
Il perd toute notion de mon existence en tant que moi, vivante, pensante et… souffrante.
Je décroche, totalement.
Un air de musique, écouté dans la journée, repasse en boucle dans ma tête et la personne associée à celui-ci est présente aussi. Je ne suis plus vraiment là. Mon corps est à quelqu’un qui souffle, me transpire dessus.
Moi, je suis ailleurs, même si la douleur me rappelle ma condition d’être de chair et de sang. La musique joue de plus en plus vite, tourbillonne…
Je veux oublier la douleur, oublier la brûlure qui me retourne et m’ouvre, provoque l’envie de vomir.
Je ne suis plus là.
Il me parle. Je souris, lui caresse le visage et m’accroche pour suivre de plus près ses soubresauts. Une partie de mon esprit est définitivement loin de cette chambre, de cette chaleur. Je mords, je griffe.
Juste une manière d’exorciser la douleur, de me donner une petite compensation. Il se retire, revient, inlassable.
Je ne suis plus là !
A chaque pénétration, la douleur revient.
Pourquoi me préoccuper de ça ?
Je ne suis plus là !!
Qu’il fasse ce qu’il veut.
Le but, ici, n′est pas de me faire plaindre, loin de là !
Juste faire partager (encore, oui je sais, je radote), cette première expérience.
Je le ferais encore et encore, jusqu′a ce que je puisse mettre les mots les plus justes dessus et que tout soit complétement exorcisé.
Alors, prenez ça pour un exercice de style, rien de plus…
C′est dur ce que tu écris là petite ombre Je te demanderais bien si c′était la première fois, mais ça ne me regarde pas Tout les mots doux que je connais
Un vrai « direct » ! Dur ! Mille bisous, ma chérie JU
Ton message m′a beaucoup touché. C′est une expérience de la vie sexuelle d′une femme que sans doute beaucoup connaissent mais que je n′imagine pas bien. La pénétration par cet intrus comme tu l′appelles, n′est peut-être pas encore à mettre au menu de tes relations avec un homme. Pas trop vite en tout cas. Et si le problème c′est l′intrusion, il y a d′autres moyens très satisfaisants de ne pas décevoir l′autre… Au moins pendant un temps. Cela pourrait t′aider à conserver sa tendresse sans le frustrer. Sois forte, Lie, le monde ne s′offrira pas à moins. Bibi.
Si tes émotions sont si fortes que tes mots, je comprends et je ne supporte pas que tu puisses supporter ca… Meme sans parler d′amour, le plaisir ne vaux que s′il es partagé, et il y a tant à partager, tant de chose, tant de facons, tant de plaisir… Et a faire attention à l′autre et à lui donner on finit par recevoir beaucoup plus que ce que l′on prends… je t′envoi plein de douceur. Bise.
Entre Sade et Vian (« Fais moi mal, jhonny, jhonny »)… Entre prostitution scientiphique et expérimentation masochiste. Et il ignore toujours ce que tu ressens ? Il ne s′y interesse pas ? 100 fois ton ouvrage sur le métier tu remettras. Courage